
Alors que la question d’une révision de la Constitution agite les arènes politiques de la RD‑Congo, la questeure de l’Assemblée nationale, la députée Grâce Neema Paininye confirme son soutien à la ligne du Président Félix Tshisekedi et élève la voix pour un débat national, mûrement réfléchi et dépassionné sur les limites de la Loi fondamentale de 2006. Elle plaide pour une procédure parlementaire structurée, centrée sur des priorités concrètes et vérifiables lors de la prochaine session, et met en garde contre les manœuvres hâtives qui pourraient fragiliser les institutions.
De retour de ses vacances parlementaires à Ango, dans le Bas‑Uélé, Neema rapporte des doléances précises -insuffisance des services publics, préoccupations sécuritaires, demandes d’emploi et de routes- qui, selon elle, doivent guider toute réflexion constitutionnelle. Pour elle, la réforme ne saurait être un exercice théorique: elle doit répondre aux attentes quotidiennes des RD-Congolaises et RD-Congolais, renforcer la cohésion nationale et inscrire la transformation politique dans des solutions tangibles. Interview.
L’actualité reste toujours dominée par la question de la Constitution. Quelle est votre position?
Cette question mérite d’être abordée avec un sens de responsabilité et d’État. Car, comme vous le savez, il n’est un secret pour personne qu’après une longue marche avec cette Constitution «post-belligérance de 2006», cette Loi fondamentale a également démontré ses limites et ses faiblesses face aux exigences et aux impératifs de développement ainsi qu’aux réalités sociopolitiques.
À titre illustratif, il y a la question liée à la prise en charge financière exorbitante des onze scrutins électoraux et la problématique récurrente du fonctionnement des institutions provinciales et de l’ensemble des ETD. C’est ainsi que nous souscrivons à la démarche initiée par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, exprimée à Kisangani quant à une réflexion collective, profonde et citoyenne sur les limites de l’actuelle Constitution. Les grandes démocraties se sont toujours prêtées à cet exercice.
Bientôt la rentrée parlementaire. Quels seront les défis de cette session selon vous?
Tout naturellement, il y aura un calendrier qui sera adopté par la plénière de l’Assemblée nationale, conformément à nos prérogatives constitutionnelles. Mais, comme vous allez le comprendre, les deux projets de loi à ratifier -l’Accord de paix avec le Rwanda et l’Accord stratégique avec les États-Unis d’Amérique- seront prioritaires. Beaucoup d’initiatives de contrôle parlementaire seront également engagées, ainsi que l’examen de toutes les matières à légiférer.
Après vos vacances parlementaires dans votre circonscription électorale d’Ango, dans la province du Bas-Uélé, quel est le constat que vous avez fait sur le terrain?
Cet exercice de redevabilité nous a permis, premièrement, de rendre compte à nos populations de la marche du pays. Au travers de cette tournée, nous avons également pu relever plusieurs questions, entre autres l’épineuse question sécuritaire et humanitaire avec la gestion des réfugiés centrafricains, des Mbororo, ainsi que la nécessité de renforcer la vigilance à nos frontières. Nous avons également suivi la mise en œuvre du Programme de développement local des 145 territoires, qui mérite un coup de pouce au niveau du gouvernement. Les questions d’infrastructures routières restent d’actualité au vu de l’enclavement de ce territoire. L’accès aux soins de santé et à l’éducation demeure encore une véritable préoccupation.
Le thème retenu cette année pour la commémoration de la Journée internationale des droits des femmes a été: «Droit, justice et action pour toutes les femmes et les filles». En tant que leader féminine et politique, quel sens particulier donnez-vous à ce thème au regard des défis auxquels les femmes et les jeunes filles sont encore confrontées dans notre pays?
La Journée internationale des droits des femmes que nous venons de commémorer nous rappelle que la promotion des droits des femmes demeure un enjeu important pour nos sociétés. Le thème retenu cette année met justement l’accent sur la nécessité de passer des principes aux actions concrètes afin de garantir aux femmes et aux jeunes filles l’égalité des droits et des opportunités. Dans notre pays, des progrès ont été réalisés, notamment en matière de participation des femmes à la vie publique et politique.
Toutefois, plusieurs défis persistent encore, notamment l’accès à l’éducation pour les jeunes filles, l’autonomisation économique des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre. En tant que femme, mère et responsable politique, je reste convaincue que le développement d’une nation est étroitement lié à la place qu’elle accorde aux femmes. La commémoration du 8 mars doit donc nous encourager à poursuivre les efforts afin que chaque femme et chaque jeune fille puisse pleinement exercer ses droits et contribuer au développement de notre pays.

