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Gestion des fonds publics: Mboso accablé dans un dossier de surfacturation après avoir dépensé 90 millions de dollars pour 12 bus et 14 minibus

Les deux chambres du Parlement RD-congolais ont brillé, entre 2021 et 2023, par une telle mauvaise manipulation des fonds publics, dévoilée et dénoncée par le Centre de recherche en finances publiques et développement local -CREFDL- dans un rapport publié le jeudi 9 mai 2024.

Selon ce rapport, le Sénat et l’Assemblée nationale, respectivement sous la direction de Modeste Bahati et de Christophe Mboso durant la période couverte par l’enquête, ont su allier fraude et enrichissement illicite, recrutement massif et abusif puis dépassement budgétaire, plombant par conséquent les finances publiques d’un pays à économie très fragile et confronté à des multiples urgences.

En 2022, l’Assemblée nationale de Christophe Mboso a dépensé plus de 90 millions de dollars pour acheter 12 bus de 30 places assises de marque Coaster et 14 minibus, renseigne ce rapport. En moyenne, un bus a coûté 3,4 millions de dollars alors qu’un bus Coaster neuf livré sur place revient à on ne peut plus de 56.000 Euros. Scandaleux! De quoi éclabousser Christophe Mboso, l’homme qui a juré de prendre toute la République en otage en ralentissant le processus d’élection et d’installation du bureau définitif, le seul habileté à investir le gouvernement, dont la publication de la composition est annoncée incessante. A cette hyper surfacturation s’ajoute «la dilapidation des fonds affectés au projet de construction des bureaux des commissions parlementaires, du dispensaire du Parlement et du dépôt des archives».

Le rapport du CREFDL a en plus fait des graves révélations sur le «recrutement massif et abusif» dans les deux chambres du Parlement dont les effectifs ont été augmentés de manière exceptionnellement vertigineuse.

Au Sénat, fait part l’enquête de cette organisation de la société civile, 1.140 agents travaillent dans les cabinets de 7 membres du bureau définitif et au Secrétariat général alors que le règlement intérieur prévoit, pour ces différentes structures, un effectif de 157 personnes. L’Assemblée nationale fait pire avec ses 3.368 agents du secrétariat général et des cabinets politiques des membres du bureau définitif. Le personnel, selon le Règlement intérieur, doit être composé de 157 agents. Cet effectif pléthorique est en plus rémunéré «de manière arbitraire».

L’arbitraire, l’Assemblée nationale et le Sénat l’ont également commis en faisant preuve de «rejet et mépris des règles légales et réglementaires de la comptabilité publique et de passation des marchés publics». «Ces comportements ont entrainé l’utilisation non autorisée de 303,3 millions USD. L’absence d’un rapport explicatif des dépassements soulève des doutes sur la crédibilité de ces dépenses», a noté CREFDL dans son rapport, indiquant que cette colossale somme «valent 1.500 laboratoires médicaux équipés et 1.875 écoles construites et équipées».

En plus, les deux chambres du Parlement sont «budgétivores». Elles ont coûté au Trésor public «1,1 milliard de dollars dont 60% ont été utilisés par l’Assemblée nationale et 40% par le Sénat». Cette somme, a fait remarquer CREFDL, correspond aux besoins actuels exprimés par le secteur du développement rural pour réhabiliter 40.000 Km de route de desserte agricole et désengorger les territoires avec les chefs-lieux des provinces de la RD-Congo.

La gestion opaque des finances publiques, dont le Parlement a fait preuve, nécessite que le «contrôleur» puisse être désormais «contrôlé». Tant, ce rapport, qui met à nu de nombreux scandales financiers commis sous la présidence du duo Mboso-Bahati, a «démontré l’inefficacité du contrôle des finances publiques», non sans révéler combien les deux speakers et leurs bureaux ont été «préoccupés par l’enrichissement illicite».

Natine K.

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