
La Fédération congolaise de football association -FECOFA- a finalement accepté de verser l’avance de frais réclamée par le Tribunal arbitral du sport dans le litige qui l’oppose à Rainier Patrice Mangenda Suku Swa -TAS 2026/A/12613-, après deux tentatives pour faire déclarer l’appel irrecevable et paralyser financièrement l’instance. Le revirement figure dans un courrier d’une page daté du 16 septembre 2026, adressé au TAS par son conseil lausannois Me Jean-Samuel Leuba du cabinet HCML Avocats: «Je vous informe que la FECOFA, quand bien même l’appel apparaît totalement abusif et infondé, accepte de participer à l’avance de frais d’arbitrage afin d’assurer que cet arbitrage se déroulera avec une formation à trois arbitres».
L’appelant, ancien secrétaire général adjoint de la FECOFA sous Constant Omari Selemani et candidat écarté au scrutin du 20 mai 2026, conteste l’élection de Véron Mosengo-Omba à la présidence. Il dénonce une «fraude caractérisée», visant le procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire du 11 janvier 2025 qu’il estime falsifié et une modification du code électoral intervenue en cours de processus pour l’éliminer. Des griefs également portés devant la commission d’éthique de la FIFA. Ancien membre de l’Assemblée générale et ex-président de la Ligue nationale de football des jeunes, Zéphyr Kaninda a, dans une vidéo devenue virale, dénoncé la falsification de sa signature apposée sur ce PV. Une pièce consultée par AfricaNews, datée du 8 septembre 2026 et signée Pauline Pellaux, conseillère auprès du TAS, éclaire la séquence qui a conduit à ce paiement.
Dans cette correspondance transmise aux deux parties, le TAS accuse réception du courrier de l’appelant Mangenda du 7 septembre 2026. Le Greffe y rappelle d’abord que la question de la composition du collège arbitral ne relève pas des parties: «J’ai pris bonne note des observations de l’appelant. A cet égard, je renvoie les parties au courrier du Greffe du TAS du 4 septembre 2026 les informant qu’il incombe à la Présidente de la Chambre arbitrale d’appel du TAS, ou à sa suppléante, de décider, conformément à l’article R50 al. 1 du Code». Le Tribunal fixe ensuite une première date butoir sur le volet financier: «Si, au vu des observations de l’appelant, l’intimée souhaitait toutefois reconsidérer sa position quant au paiement des avances de frais, elle est invitée à en informer le Greffe du TAS d’ici au 11 septembre 2026. A défaut, il sera considéré que l’intimée maintient son intention de ne pas participer au paiement des avances de frais qui seront requises».
Selon les documents de l’instance, la FECOFA avait initialement soulevé une exception d’ irrecevabilité pour dépôt tardif. Le TAS l’a rejetée le 8 septembre, en déclarant l’appel recevable.
Le 11 septembre, Me Leuba sollicite un délai supplémentaire, indiquant «attendre encore un retour» de sa mandante sur le versement prévu à l’article R64.2 du Code arbitral. A défaut de consignation par l’intimée, le règlement permet à l’appelant de payer seul l’intégralité et d’obtenir une sentence par défaut.Le 14 septembre, le Greffe adresse une nouvelle mise en demeure à la FECOFA, avec une échéance repoussée au 16 septembre. C’est ce jour-là, à quelques heures de la limite, que la Fédération a capitulé, annonçant qu’elle paiera, tout en exigeant une formation à trois arbitres, plus coûteuse et plus longue qu’un arbitre unique. Le 17 septembre, le TAS accuse réception et précise que le directeur financier reviendra vers les parties pour les modalités.
Une grande victoire d’étape pour Mangenda. L’affaire va désormais être jugée sur le fond, un terrain particulièrement sensible pour Mosengo-Omba.

Ancien directeur des associations membres de la FIFA et ex-secrétaire général de la CAF, il a bâti sa carrière sur la gouvernance. Or les deux organisations sont intraitables sur les questions d’intégrité. Les risques encourus sont triples. Sur le plan sportif, l’annulation du scrutin du 20 mai et l’organisation d’un nouveau vote sous supervision de la FIFA. Sur le plan disciplinaire, la transmission du dossier à l’éthique de la FIFA, déjà saisie par Mangenda, en cas de falsification avérée. Le Code d’éthique sanctionne la falsification de documents et l’abus de fonction par plusieurs années de suspension de toute activité liée au football et de fortes amendes. Sur le plan institutionnel, la remise sous tutelle de la fédération via un nouveau comité de normalisation -CONOR-, censé avoir été clos en mai.
Le TAS s’est déjà montré sévère sur le continent. Au Cameroun, l’élection de Seidou Mbombo Njoya en 2018 a été annulée en janvier 2021 pour irrégularités graves. Au Tchad, la prise de contrôle de la fédération par l’équipe de Moctar Mahamoud a été invalidée. Au Kenya, l’élection de Nick Mwendwa a été annulée à deux reprises pour non-respect des statuts. Au Mali, en Guinée et au Congo-Brazzaville, des scrutins ont été cassés pour exclusion abusive de candidats.
Dans chaque cas, le Tribunal a rappelé le même fondement: l’article 14 des statuts de la FIFA impose aux fédérations membres le respect des principes de bonne gouvernance et de transparence électorale.
YA KAKESA





