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RDC: Sakombi Molendo mitonne un plan d’urgence de 35 millions USD pour perfuser la Regideso

Dans un contexte où la crise de l’eau s’intensifie, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité, Aimé Sakombi Molendo, ne se laisse pas abattre. Il a récemment soumis un plan d’urgence audacieux et salvateur pour redresser la Regideso, la société qui distribue l’eau à des millions de Congolais. En six mois top chrono, ce projet semble être la bouée de sauvetage dont la Regideso a cruellement besoin face à une situation des plus alarmantes.

Un diagnostic sans appel

La Regideso est en effet à la croisée des chemins, avec un déficit de production d’eau à Kinshasa de plus 600,000 mètres cubes par jour. Pour ajouter à ce tableau sombre, l’État consomme presque 40 % de l’eau produite sans jamais honorer ses paiements, générant un arriéré de 1 028 000 000 FC soit plus de 620 millions de dollars cristallisés historiquement.

Les dettes s’accumulent, pesant sur la société comme une chape de plomb: la Regideso fait face à 270 millions de dollars de dettes fiscales et à 48 millions de dollars de dettes sociales. Comme si cela ne suffisait pas, la tarification actuelle de 0,83 dollar le mètre cube en moyenne ne couvre même pas le coût de production, fixé à 1,15 dollar le mètre cube; et les infrastructures vieillissantes, héritées des décennies passées, laissent échapper 40 % de l’eau.

Depuis plus de quatre décennies, les provisions aux amortissements n’existent plus que sur écriture. Aucune provision de renouvellement de l’outil de production n’existe en banque. «L’Etat, propriétaire unique et tout puissant, devait déjà plus de 150 millions de dollars en 2014, mais a décidé d’effacer sa propre dette vis à vis de la Regideso!», se lamente un syndicaliste.

Que stratégie pour renverser la vapeur?

Pour redresser la barre, Sakombi Molendo a concocté un plan d’urgence de 35 millions de dollars. Au cœur de cette stratégie innovante de perfusion de la société: une augmentation progressive du tarif à 1,50 dollar/m³ pendant 2 ans. Ceci permettrait de récolter 50,4 millions de dollars déjà à la deuxième année, donnant ainsi à la Regideso la possibilité d’investir des dizaines des millions additionnels de dollars dans l’eau dans un pays où les besoins d’investissements annuels dans l’eau sont de près de 1 milliards de dollars.

En attendant, un plan d’urgence est important pour améliorer la situation à Kinshasa particulièrement. Ce plan de plus de 35 millions de dollars va destiner cet argent notamment à l’achat d’équipements indispensables, particulièrement les pompes, pour 10 millions de dollars;  à la lutte contre les érosions qui endommagent les conduites d’eau pour 6 millions de dollars et à améliorer certains tronçons du réseau pour 1,2 million de dollars. Des mesures d’urgence supplémentaires sont également prévues pour un total de 16,9 millions de dollars, incluant l’achat des intrants de potabilisation de l’eau.

L’heure de l’action est venue

Pour que ce grand projet ne soit pas qu’un simple mirage, Sakombi Molendo exhorte le gouvernement à honorer ses engagements de payement de sa consommation mensuelle de l’eau de près de 7 millions de dollars en versant 2 millions de dollars et 4 milliards CDF mensuels à la Regideso, soit 24 millions de dollars et 48 milliards CDF sur un an conformément au contrat de performance signé entre la Regideso et le gouvernement en 2023. Il plaide également pour l’adoption rapide du nouveau tarif afin d’assurer la viabilité financière de la société.

Sakombi Molendo rappelle que l’objectif ultime de son plan est de soulager les habitants de Kinshasa, actuellement contraints d’acheter de l’eau à des prix prohibitifs. Si ce plan est exécuté comme il se doit, la Regideso pourrait non seulement sortir la tête de l’eau, mais aussi garantir un accès fiable et durable à l’eau potable pour tous. Une promesse à tenir pour un avenir meilleur au cœur de la République Démocratique du Congo.

Le ministre Sakombi salue les efforts  de la bonne gestion par l’actuel management de la Regideso , particulièrement la réduction du coût de production, la création des nouveaux centres, la remise en service de plus de 12 centres restés en arrêt depuis plus de deux décennies, ainsi que la matérialisation de la vision du chef de  l’ Etat dans la digitalisation des activités commerciales. Il se dit toujours disposé à assister la Regideso à tout moment «pour améliorer la qualité du service public de l’eau et ainsi réaliser une des priorités du programme du gouvernement qui est celle de l’amélioration de l’accès à l’eau potable pour la population de la République Démocratique du Congo».

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