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Enquête BERCI-GEC : Katumbi en tête, il surclasse le Président

Le patron de Ensemble est crédité de 43% d’opinions favorables, il laisse loin derrière lui le président de la République dont la cote de popularité a chuté à 29%

Moïse Katumbi Chapwe, président de Ensemble pour la République et ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, reste l’homme politique le plus populaire en RD-Congo, loin devant Félix Tshisekedi, l’actuel Chef de l’Etat RD-congolais. Telle est la conclusion du sondage réalisé sur les hommes politiques de la RD-Congo et publiée cette semaine par le Bureau de sondage, le Berci, avec le Groupe d’études sur le Congo -GEC- et Ebuteli, son partenaire de recherche en RD-Congo.

Pour tout dire, ce sondage, qui s’est intéressé principalement aux personnalités politiques préférées des RD-Congolais, place le patron de Ensemble en tête, avec 43% d’opinions favorables, distançant superbement le Président Félix Tshisekedi, dont la cote de popularité chute à 29%. Dans la stratégie de communication utilisée pour accompagner le sondage qui a mis l’accent «sur la forte baisse de popularité de Félix Tshisekedi» qui «ne profiterait pas à ses adversaires», le fait que le président du TP Mazembe soit solidement installé à la première place du podium a largement été passé sous silence.

Et ce n’est pas tout, car le même tableau affiche les deux autres poids lourds de la vie politique de la RD-Congo, à savoir: Jean-Pierre Bemba et Martin Fayulu, respectivement crédités de 39,68% et 34,28%. Un regard rétrospectif sur les résultats du sondage d’il y a quelques mois renseigne que Moïse Katumbi accuse une baisse de 16 points par rapport à la toute dernière publication en passant de 59 à 43% d’opinions favorables. Mais celle-ci est beaucoup plus contenue pour son adversaire direct à la présidentielle prévue en 2023, Félix Tshisekedi qui lui, dégringole, de 25 points, passant de 54 % à 29 %.

Si la chute du chef de l’Etat s’explique par l’usure du pouvoir et l’inanité de son bilan -ce qu’il a lui-même reconnu dans une interview début mars au Soir de Bruxelles-, la baisse dans ce sondage de Moïse Katumbi est probablement la résultante de son positionnement politique actuel, mal perçu par l’opinion.

En clair, «le fait que Moïse Katumbi soit à la fois dans l’opposition et dans l’Union Sacrée de la Nation crée un trouble chez une partie de ses partisans qui ont une image très négative du chef de l’Etat», explique un professeur en Sciences politiques rattaché à une université belge. C’est là un fait qui n’a pas échappé aux auteurs du sondage.

Selon certains analystes, l’ambiguïté entretenue par Moïse Katumbi qui n’a toujours pas quitté l’Union sacrée de la Nation -USN- bien que les «lignes rouges» qu’il avait fixées aient été dépassées, serait à la base de la baisse de bonnes intentions dans le chef du chairman de Ensemble. Mais là n’est pas la seule explication. «Il ne faut pas négliger le fait que Katumbi n’ayant pas à ce jour annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, contrairement à Tshisekedi, cela joue négativement sur sa cote de popularité et lui fait perdre des points», indique l’universitaire.

Cette autre ambiguïté alimente auprès des RD-Congolais le sentiment d’une ‘’absence d’alternative politique visible’’», indiquent les auteurs du sondage dans leur rapport. En effet, certains, chez les partisans de Moïse Katumbi, doutent encore du fait que leur champion soit candidat à l’élection présidentielle. Une situation exploitée à fond par le camp de Félix Tshisekedi qui instille, à qui veut l’entendre, l’idée que comme le «chairman», Katumbi est appelé, il finira par rallier le camp Tshisekedi. Malgré ces points noirs, les soutiens de l’ex-gouverneur du Katanga veulent voir le verre à moitié plein. «Le sondage du Berci est objectivement très positif pour nous», se réjouit sobrement l’un des nouveaux secrétaires nationaux de Ensemble, le parti de Moïse Katumbi.

Le camp de l’ex-gouverneur du Katanga peut d’autant plus se satisfaire que la méthodologie utilisée pour réaliser ce sondage, en particulier en ce qui concerne le panel des sondés qui ne recoupe que très imparfaitement la carte électorale du pays -avec une surpondération de Kinshasa par rapport aux autres grands ensembles, notamment l’Est où se trouvent les principaux réservoirs de voix-, ne favorise pas particulièrement Katumbi.

AN

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