
Gros tournant dans les dossiers des stations des forages et des lampadaires avec la mesure d’interdiction de quitter le territoire national contre des personnalités impliquées dans ce «scandale». Parmi elles, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, débarqué samedi d’un avion et empêché de voyager pour Paris en France, où le président de la République Félix Tshisekedi entame une visite officielle ce lundi. Pour cause, une correspondance du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, demandant à la Direction générale de migration -DGM- de ne pas laisser les personnes impliquées dans ces deux affaires traverser les frontières. Firmin Mvonde a dit craindre de voir ces personnes, «accusées d’avoir commis l’infraction de détournement des deniers publics, ne puissent se soustraire des poursuites judiciaires engagées contre eux».
En plus de Nicolas Kazadi, la mesure concerne également son collègue du Développement rural, François Rubota, tuteur du projet. Guy Mikulu Pombo, prédécesseur de Rubota, à l’origine de ce projet, est aussi dans le collimateur de la justice. Les entrepreneurs malien Samba Bathily, bénéficiaire du marché des lampadaires, et RD-congolais Mike Kasenga, chef de file du Consortium chargé d’installer les stations des forages, ont également été interdits de quitter le territoire national.
Cette décision rencontre une des revendications de la Société civile en faveur des «mesures conservatoires» mais est cependant jugée insuffisante alors que plusieurs attendent impatiemment le dénouement de l’action du Procureur. Pour Maître Georges Kapiamba, président de l’ONG ACAJ, le Parquet devrait aussi geler les avoirs de toutes les personnalités visées dans le cadre de cette enquête pénale. Les autres mesures préconisées par ACAJ sont notamment la détention préventive, la perquisition des bureaux et résidences. La structure de Kapiamba attend également du Président de la République la suspension des membres du gouvernement et l’interdiction d’accéder à leurs bureaux, en l’occurrence Nicolas Kazadi et François Rubota.
Ça sent clairement mauvais dans ces deux dossiers qui ont fait grand bruit dans l’opinion ces dernières semaines alors que Nicolas Kazadi tente, tant bien que mal, de clamer son innocence, expliquant n’être intervenu qu’au moment de payer. «Pour un marché conclu et validé bien avant moi et que moi je vienne seulement pour payer, quel mal ai-je fait?», s’était-il interrogé. Dans une correspondance adressée le 27 avril au PG Cassation, l’argentier national jure qu’à ce jour, «aucun organe de contrôle n’est parvenu à établir une quelconque surfacturation». Pourtant, quelques jours avant, intervenant dans un briefing, Kazadi avait reconnu le prix à l’unité «beaucoup trop élevé», au point de renvoyer, dans un premier temps, l’entrepreneur pour harmonisation. En plus des soupçons des surfacturations, toutes ces stations n’ont pas été livrées à ce jour. Dans l’acte d’engagement signé le 15 avril dernier en présence de l’IGF, Mike Kasenga, chef de file du Consortium en charge de l’exécution du marché des stations des forages, a reconnu n’avoir livré que 29 stations à Kinshasa et dans la Tshopo, promettant de livrer les 239 autres au plus tard le 15 juillet prochain.
