
Kinshasa s’apprête à affronter de fortes pluies dans les prochains mois. Pour prévenir les drames récurrents liés aux érosions urbaines, le ministère des Infrastructures et Travaux publics -ITP- a lancé une série de chantiers anti-érosifs dans plusieurs communes de la capitale. Lundi 26 août, le ministre John Banza est allé inspecter l’avancement des travaux, réaffirmant l’engagement du gouvernement à lutter contre ce fléau. «La stabilisation de ces sites est essentielle: chaque jour de retard peut signifier la perte de maisons, de routes et parfois de vies humaines», a-t-il déclaré devant les riverains, insistant sur le caractère prioritaire de ces chantiers.
Une mobilisation multisectorielle
Accompagné des équipes techniques de l’Office des voiries et drainage -OVD-, de l’Office des routes et du Bureau technique de contrôle -BTC-, le ministre a sillonné plusieurs sites stratégiques: Camp Munganga, Zamba Ndangi, Selembao, Mont-Ngafula, Kimbaseke et Ngaliema. À Bolikango -Ngaliema-, l’OVD pilote depuis juin un chantier majeur de 39,6 millions USD destiné à contenir une tête d’érosion. Les travaux, prévus sur 20 mois, devraient s’achever fin 2026. À Masikita, toujours dans la même commune, des études approfondies sont menées pour protéger le sous-bassin de Binza UPN.
Dans la commune de Selembao, l’OVD réalise un collecteur de 1.500 mètres sur l’avenuéSamba, dont près de la moitié est déjà achevée. Un autre collecteur de 680 mètres est en cours au site Dumez, complété par cinq caniveaux secondaires. À Mont-Ngafula, la commune la plus exposée aux glissements de terrain, le ministre a visité Kimwenza où une approche innovante alliant solutions naturelles et ouvrages de génie civil est testée. L’OVD y développe aussi un collecteur de 300 mètres à Kindele, malgré des difficultés liées à l’empiétement d’habitations. Enfin, dans la commune de Kimbanseke, John Banza a lancé des travaux anti-érosifs sur les avenues de l’École et Kasa-Vubu.
Urgence et rigueur
Les chantiers visent deux priorités: le drainage efficace des eaux pluviales et la consolidation des sols. Le ministre a exigé plus de rigueur et le respect strict des délais par les entreprises adjudicataires. «L’efficacité des travaux repose sur la qualité des matériaux mais aussi sur la discipline dans leur exécution», a-t-il averti.
Prévenir de nouveaux drames
Rappelant les pertes en vies humaines et les destructions causées par les érosions lors des saisons passées, John Banza a annoncé un appui financier additionnel pour accélérer les chantiers avant le retour des pluies. Il a également exhorté les habitants à préserver les ouvrages réalisés: «Ne construisez pas sur les trottoirs et ne jetez pas d’ordures dans les canalisations. Beaucoup de moyens sont mobilisés pour le bien-être de la population», a-t-il insisté.
Un défi ancien mais incontournable
Les sols sablonneux de Kinshasa, fragilisés par une urbanisation anarchique, subissent depuis des décennies les assauts des pluies diluviennes. Chaque saison entraîne l’effondrement de routes, de réseaux publics et d’habitations. En multipliant ses descentes sur le terrain, John Banza entend rompre avec la tradition des promesses non tenues et replacer la lutte anti-érosive au cœur de l’action publique.
Le gouvernement espère ainsi réduire les risques dans les quartiers les plus vulnérables de Kinshasa et protéger les habitants des drames que redoute chaque année la capitale à l’approche de la saison des pluies.
WIDAL


