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Global Witness démystifiée: après ACAJ, la Coalition tous pour le Congo critique les enquêtes de l’ONG internationale!

«Les rapports de Global Witness visent à diaboliser les Congolais et à éluder les inégalités des contrats miniers entretenues par des lobbies internationaux», a accusé la coalition «Tous pour la RD-Congo» dans un rapport publié mercredi à Kinshasa…

Plus Global Witness -GW- publie, plus elle perd tout crédit! C’est visiblement la leçon à tirer de la conférence de presse de présentation d’un rapport de la coalition «Tous pour la RD-Congo», tenue le mercredi 23 septembre au Centre interdiocésain à Gombe. Explications: «les analyses faites par l’ONG Global Witness sont basées sur des faits historiques non prouvés, sur des données biaisées, sur des informations obtenues des sources le plus souvent anonymes ou acquises à leur cause et non disposées à un débat contradictoire».

Ces explications sont d’Ernest Mpararo, animateur de la conférence de presse et secrétaire exécutif de la Ligue congolaise de lutte contre la corruption -LICOCO-, structure membre de la coalition «Tous pour la RD-Congo». Des 12 rapports de GW sur la RD-Congo, portant «toujours sur le secteur des ressources naturelles, et tout particulièrement sur le secteur minier et la Gécamines», Ernest Mpararo retient que ces documents ont pour seule fin de «diaboliser les RD-Congolais».

«Global Witness utilise malignement les termes ‘corruption des élites congolaises’ pour distraire l’opinion publique internationale et éluder les inégalités et déséquilibres du secteur minier RD-congolais, entretenues par des lobbies internationaux à travers leurs multinationales qui sont la vraie cause du manque des ressources financières de l’Etat nécessaires à sa lutte contre la pauvreté, comme il est dit clairement dans le Rapport d’avril 2016 de la Banque mondiale», a dénoncé Mpararo lors de sa sortie médiatique. Et de préciser: «Global Witness durant toutes ces années aurait dû pousser son analyse plus loin pour étudier comment est-ce que les entreprises minières occidentales ont obtenu des gisements et signer des contrats miniers pour mieux établir la responsabilité des uns et des autres dans la mauvaise gouvernance du secteur minier. C’est cette autre analyse qui n’est pas faite par Global Witness que la coalition Tous pour la RD-Congo a voulu mettre au grand jour, en créant un débat rationnel et objectif». Une démystification! Une démonétisation! Rien d’autre!

Dans son rapport, voulu «rationnel et objectif», la coalition «Tous pour la RD-Congo» a étalé sur la place publique «le rôle joué hier et aujourd’hui par les pays occidentaux dans le pillage des ressources naturelles à travers leurs entreprises minières et en utilisant certaines ONG internationales dont Global Witness, Enough Project et The Sentry». Ce rapport a également révélé que «Global Witness joue le rôle de porte-parole des entreprises occidentales qui continuent à piller les richesses de la RD-Congo et elle n’est pas là pour les biens des RD-Congolais».

La coalition a soutenu sa position en brandissant: «dans toutes ses publications, Global Witness propose de manière sélective, subjective, approximative, réfutable, non contradictoire, anachronique et paternaliste une vision historique et idéologique tronquée aux problèmes du sous-développement de notre pays et des solutions plus simplistes que réalistes aux partenaires de la RD-Congo une solution plus simpliste pour développer la RD-Congo, en sanctionnant les corrompus -RD-congolais-, en favorisant l’accueil des investisseurs occidentaux et en attirant la méfiance sur les Chinois».

À ceux qui seraient tentés de croire à un acharnement contre l’ONG britannique, Ernest Mpararo a souligné que la démarche de la coalition «Tous pour la RD-Congo» consiste simplement à dénoncer l’«imposture morale de Global Witness», étant donné que cette dernière a «substitué à un noble objectif, lutter contre le sous-développement, un objectif indigne: contribuer à maintenir le pays dans sa situation de faiblesse vis-à-vis de ses partenaires internationaux, en contribuant à sa déstabilisation».

Bien avant cette coalition, une autre ONG RD-congolaise réputée a eu à recadrer Global Witness -et sa partenaire PPLAAF-
au sujet de leur méthodologie de collecte des données faisant l’objet de ses publications. Il s’agit de l’Association congolaise pour l’accès à la justice -ACAJ- qui, à l’occasion, avait recommandé à son homologue britannique «de privilégier le principe de diligence raisonnable dans la recherche des données devant faire l’objet de leurs rapports à publier et surtout de veiller au strict respect des principes du contradictoire ainsi que des droits de défense prescrits dans tout État de droit démocratique, et d’apporter les preuves de leurs accusations».

Laurent OMBA

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