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Congolité: le G13 craint l’effondrement de l’ordre politique républicain

Cette «proposition de loi… pollue inutilement le débat public au point d’exhumer les vieux démons de la division… avec le risque d’une remise en cause des fondements de l’ordre politique républicain patiemment construit dans le cadre des Accords de Lusaka, de Sun City et coulé dans la Constitution»

Une nouvelle voix, et non de moindre, s’est prononcée contre la proposition de loi initiée par Noël Tshiani, candidat malheureux à la présidentielle de 2018, portée par le député Nsingi Pululu, consistant à réserver aux seuls RD-Congolais nés de père et de mère d’origine RD-congolaise l’accès à certains postes de souveraineté comme la Présidence de la République. Cette voix, c’est celle du Groupe de 13 personnalités -G13- signataires de l’Appel du 11 juillet 2020 en faveur d’un consensus autour des réformes électorales.

Via la déclaration faite à la faveur de la commémoration de l’an 1 de son existence, dimanche 11 juillet 2021, le G13 n’est pas passé par le dos de la cuillère pour dénoncer que cette proposition de loi «pollue inutilement le débat public au point d’exhumer les vieux démons de la division en ce moment précis avec le risque d’une remise en cause des fondements de l’ordre politique républicain patiemment construit dans le cadre des Accords de Lusaka, de Sun City et coulé dans la Constitution du 18 février 2006». Il est allé jusqu’à «déplorer que ces sujets fondamentalement clivants soient malicieusement ramenés dans le débat comme des préalables, mieux des embûches à la tenue des élections».

Pour le G13, le débat sur la Congolité compromet les exigences constitutionnelles et légales de transparence, de crédibilité et d’inclusivité d’un processus électoral apaisé dans le respect des délais constitutionnels. Par ailleurs, passant en revue la situation socio-économico-politique du pays, Delly Sessanga et cie ont dit avoir constaté que «la situation générale demeure préoccupante» une année après leur Appel du 11 juillet 2020 et leur initiative de recherche du consensus auprès des forces politiques et sociales. Ce constat résulte entre autres du fait qu’«à 844 jours du délai constitutionnel pour la convocation des scrutins de 2023, l’option levée par le gouvernement tendant à conditionner la tenue des élections au recensement de la population relève manifestement des calculs politiques trop osés, qui participent de l’orchestration des scrutins pour la tenue desquels les institutions publiques se déresponsabilisent désormais publiquement».

De l’avis du G13, les initiateurs de cette approche «défient le bon sens et s’interdisent expressément de tirer les leçons du passé récent que personne ne voudrait rééditer». A cela s’ajoute le débat sur la Congolité. Ce débat, à scruter la déclaration du G13, porte une entorse à la cohésion au sein de l’Union sacrée de la nation qui «peine -encore- à construire durablement son unité». S’agissant de la nouvelle Loi organique de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, récemment promulguée par le Président de la République, le G13 a eu cette lecture: «l’expérience vécue lors du débat et l’adoption de la loi organique de la CENI, jusqu’à sa promulgation indique que notre classe politique a opté pour le statu quo en refusant de faire aboutir les réformes de la gouvernance électorale conformément aux vœux exprimés par toutes les forces politiques et socialement consultées».

Dans cet ordre d’idées, le G13 a réitéré son «engagement de participer à toutes les dynamiques qui soutiendront de vraies réformes électorales». Et d’informer: «il -le G13- soutient la mobilisation en cours et la sensibilisation autour de l’Agenda citoyen en tant qu’unique référentiel ayant réuni le consensus des parties prenantes en vue des élections véritablement libres, démocratiques et transparentes». Puis: «le G13 n’entend pas se départir de sa mission, eu égard aux conséquences désastreuses d’un processus électoral non consensuel. Il demeure déterminé à œuvrer pour la tenue effective des élections crédibles en 2023».

Dans le chapitre économique et social, Sessanga et compagnie ont fait savoir que les RD-Congolais s’impatientent de voir se concrétiser la promesse du changement après l’alternance politique intervenue en janvier 2019. «Le G13 rappelle que les réformes économiques nécessaires pour entamer la transformation radicale de notre économie nationale tardent à prendre forme. L’opacité demeure toujours la règle dans le traitement des grands dossiers économiques d’intérêt national liés à la gestion des ressources naturelles et des projets d’investissement dans le secteur des infrastructures», ont dénoncé les 13 personnalités signataires de l’Appel du 11 juillet 2020, non sans manifester, dans le volet sécuritaire, leur inquiétude au sujet de la prolongation de continue de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Au-delà de témoigner «de la persistance de l’insécurité dans la partie Est du pays avec la crainte d’un enlisement», cette «situation exceptionnelle de l’état de siège ne peut en aucun cas devenir un état permanent de gestion des provinces de l’Est». Ces personnalités ont en plus fustigé l’absence d’un chronogramme et d’indicateurs chiffrés qui ne permet pas une meilleure évaluation des opérations menées par les FARDC pendant cette période d’état de siège.

Laurent OMBA

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