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Clément Kanku: des enregistrements à l'origine de l'enquête, son avocat apporte des précisions

La question d’une possible implication du député national et président du Mouvement pour le Renouveau -MR- en RD-Congo, Clément Kanku dans les exactions en cours dans le Kasaï fait jaser. Dans le cadre de l’enquête ouverte récemment par le Procureur Général de la République sur l’assassinat de Michael Sharp et Zaida Catalan, faisant partie d’un panel d’experts de l’ONU à la recherche d’informations de plus d’une quarantaine de fosses communes découvertes au Kasaï, l’avocat de Kanku, Me Dieudonné Tshibuabua Mbuyi a tenu à corriger certains éléments sonores et y apporter certaines précisions à la RFI. Lesdites précisions portant sur la traduction de l’enregistrement sonore d’une conversation de Clément Kanku avec un journaliste qui serait proche de la milice Kamuina Nsapu, est, selon son avocat, tronqué.
L’avocat de Clément Kanku, Me Dieudonné Tshibuabua Mbuyi apporte des précisions sur des éléments sonores des violences au Kasaï à la RFI, qui impliqueraient le député national. Pour lui, l’enregistrement qui a circulé sur la toile et publié par RFI n’est pas authentique. Il rassure que certains passages auraient été coupés, ce qui pourrait, selon lui, modifier le sens global de la conversation. A en croire Me Tshibuabua, le monsieur déclare que “on vient de brûler. Alors que dans cette conversation, le monsieur ne parle pas à la troisième personne du singulier, il parle à la troisième personne du pluriel, et il dit “ils ont… ils ont fait ceci. Donc, il n’est pas en train de se mettre dans la peau d’un milicien. Il est en train de donner des informations à un élu de la circonscription, simplement il est en train de rendre des rapports. Il poursuit: «Deuxièmement, on veut nous faire croire dans cette conversation que vous lisez dans le New York Times que c’est monsieur Kanku qui est en train d’acquiescer. Ce qui est faux. Il est simplement en train d’acter. On lui donne des informations et il prend acte de ce qu’on lui donne comme information».
La défense insiste également, enchaîne-t-il, sur le fait que Constantin Tshiboko, un journaliste présumé proche de la milice Kamuina Nsapu et qu’on entend dans cet enregistrement, était à Tshikula au moment où cette conversation est enregistrée le 8 août 2016, à Tshikula et non à Tshimbulu, comme cela a été traduit par erreur. Un détail qui a son importance, vu que Tshikula se situe à plus de 80 kilomètres du lieu où l’attaque des Kamuina Nsapu a eu lieu.
Notons que l’Assemblée nationale a récemment donné son feu-vert pour qu’une enquête soit ouverte contre le député Clément Kanku.
En entendant, le député national Clément Kanku ne cesse de nier l’authenticité dudit enregistrement qui le met en cause. Il estime avoir été livré en pâture par l’opinion publique.
Cet audio, poursuit le député, les autorités RD-congolaises en disposaient depuis août dernier. Selon la RFI, Kanku avait même dû s’en expliquer devant le Conseil national de sécurité. Pourquoi ouvrir une enquête aujourd’hui, sans élément nouveau, alors que l’affaire avait, s’interroge-t-il, à l’époque été abandonnée?
Clément Kanku juge « perturbant » le calendrier, avec cet enregistrement qui sort au moment-même où la communauté internationale exige de Kinshasa toute la lumière sur les violences dans le Kasaï et sur la mort des deux experts de l’ONU.
 
Schilo TSHITENGA
René KANZUKU
 

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