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CENI: une nouvelle page s’ouvre avec Kadima

En prêtant serment, le successeur de Nangaa a pris l’engagement de «n’exercer aucune activité susceptible de nuire à l’indépendance, à la neutralité, à la transparence et à l’impartialité» de cette institution d’appui à la démocratie

C’est définitivement officiel. La Commission électorale nationale indépendante -CENI- tient son nouveau président: Dénis Kadima Kazadi, qui a prêté serment devant la Cour constitutionnelle en marge d’une audience publique et solennelle, mardi 26 octobre 2021.

Kadima a prêté serment ensemble avec les 11 autres membres du bureau de la CENI, jurant «solennellement sur son honneur de respecter la Constitution et les Lois de la RD-Congo» et «de remplir loyalement et fidèlement les fonctions des membres de la CENI». Investis par Ordonnance présidentielle n°21/084 du 22 octobre 2021, Dénis Kadima et son équipe ont pris «l’engagement de n’exercer aucune activité susceptible de nuire à l’indépendance, à la neutralité, à la transparence et à l’impartialité de la CENI», non sans rassurer sur leur capacité à «garder le secret de délibération et du vote même après la cessation de mes fonctions». Ils ont également accepté de «ne briguer aucun mandat électif des échéances en cours même si je ne fais plus partie de la CENI».

Voilà en substance le serment prêté mardi 26 octobre par le nouveau staff dirigeant de la Centrale électorale, dirigé de main de maître par Dénis Kadima Kazadi, qui dit être «conscient de la lourde responsabilité dont je suis investi, et des aspirations des RD-Congolaises et des RD-Congolais». Cette prise de conscience a poussé le successeur de Nangaa à prendre le pari «d’offrir à notre pays, avec l’appui, la contribution et l’engagement de tous, des élections crédibles, inclusives et transparentes». Pour y arriver, Kadima a peaufiné, depuis bien de temps, des stratégies en vue d’apporter «à la CENI l’intégrité morale, le professionnalisme, l’impartialité et l’objectivité qui sont vérifiables dans les institutions où j’ai travaillé avant».

Mettre en œuvre des programmes de prévention et gestion des conflits électoraux

Convaincu de «l’importance prioritaire» à accorder à la composition de cette institution d’appui à la démocratie, cet expert électoral a une vision claire: faire de la CENI «une institution professionnelle, indépendante, respectée et jouissant de la confiance de toutes les parties prenantes». Conformément à cette vision, il projette de renforcer l’indépendance, l’impartialité et la transparence de la CENI; d’être à équidistance et de fédérer toutes les forces politiques nationales, sans distinction d’origine ethnique, géographique, religieuse ou de genre; de mener de meilleures consultations avec les acteurs électoraux à travers des cadres de concertation qui fonctionnent effectivement; et de pérenniser l’expertise de la CENI et davantage professionnaliser cette institution et améliorer son sens du service.

Aussi, Dénis Kadima envisage de mettre en œuvre des programmes de prévention et gestion des conflits électoraux afin de mettre fin aux contestations et violences cycliques; d’assurer plus de familiarisation de l’électorat avec la machine à voter, si elle est retenue; d’améliorer les relations entre la CENI et la Communauté internationale; d’assurer une meilleure communication avec le public; ainsi que d’améliorer la redevabilité de la CENI vis-à-vis des parties prenantes et du public.

Denis Kadima, son parcours

Dénis Kadima Kazadi est né le 21 septembre 1961. En consultant son curriculum vitae, auquel «AfricaNews» a eu accès, il ressort qu’il a participé à une soixantaine de processus électoraux et politiques en Afrique et dans le monde à divers titres. Il a travaillé au Soudan en tant que directeur de la division du référendum et des élections de l’ONU, ayant en charge de fournir l’assistance technique et financière pour le référendum sur l’autodétermination du Soudan du Sud. Il a aussi travaillé, pour le compte du PNUD, comme conseiller technique principal des élections en Tunisie en 2011, jouant notamment le rôle de coordonner l’appui aux institutions tunisiennes pour la préparation et l’organisation des élections au lendemain du printemps arabe.

En RD-Congo, Dénis Kadima, après avoir accordé un appui technique à l’ex-CEI entre 2004 et 2006, s’est signalé en 2018 au moment où le processus électoral a marqué le pas sur la question de la Machine à voter -MAV. Il s’est adonné dans la formation et la préparation des partis politiques à la surveillance des élections.

Dénis Kadima est détenteur d’un master en Sciences politiques de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg, en Afrique du Sud. Il est également détenteur d’un diplôme postuniversitaire en Administration des affaires de la même université sud-africaine ainsi que d’une licence en Sciences politiques et administratives de l’Université de Lubumbashi. Polyglotte, il parle couramment l’anglais, le français, le lingala, le tshiluba et le swahili, et a des connaissances de base en kikongo et portugais.

LOI

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