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Candidat #3: stratégie de brocarder le bilan de Tshisekedi

Kisangani. Lundi 20 novembre 2023. Moïse Katumbi. Une ville en ébullition, un public à couper le souffle et un candidat porteur d’une vision claire pour mettre fin à la misère des RD-Congolais.

Le cocktail parfait pour Katumbi, vêtu d’une chemise blanche, frappée du «3», son numéro d’ordre sur la liste de la CENI, et de l’inscription «Ensemble pour un Congo nouveau». La ville martyre a été le point de départ du safari électoral du Chairman d’Ensemble pour la République qui y a tenu un meeting en fin d’après-midi à la Place de la Poste, devant des dizaines des milliers de Boyomais.

Arrivé vers midi du même lundi par l’aéroport de Bangboka, Katumbi a été contraint à une longue procession pour finalement rallier le lieu du meeting. Ici, les marcheurs et les précurseurs ont fait jonction pour écouter, en primeur nationale, le programme du candidat n°3 à la présidentielle de décembre.

«En quelques mois, nous allons finir la guerre», a lancé Katumbi d’entrée, une manière de réitérer son ambition de pacifier le pays, contestée la veille par le Président sortant au cours de son meeting de lancement de campagne au Stade des Martyrs de Kinshasa.

Katumbi, lui, est déterminé à aller au bout de son rêve de paix en mettant fin à un régime qui «n’a rien fait» ces cinq dernières années, préférant multiplier des «promesses non tenues». Kisangani a également été le théâtre de la première réplique du #3 face aux allégations de Tshisekedi: «Il parle des candidats de l’étranger mais c’est bien lui qui a recruté des mercenaires étrangers au lieu d’augmenter le salaire des militaires et renforcer les capacités de l’armée et de la Police». Très offensif, Katumbi a déploré la détérioration de la situation sécuritaire, économique et sociale ces 5 dernières années.

Kisangani, une des villes oubliées du quinquennat finissant de Fatshi, a trouvé en Katumbi son «Moïse» à même de ramener la sécurité dans la région et offrir un travail décent dans un pays où le chômage atteint des scores records. «Moïse, tobengana bango, bayibi mingi», -traduisez: «Moïse, chassons-les, ils ont beaucoup volé»- a scandé le public présent au meeting. Ce public a dit à Katumbi, son champion plébiscité, toutes ses peines, rappelant le triste épisode du RAM, cette taxe des années Covid-19 imposée aux utilisateurs de téléphonie mobile sans soubassement légal. «Tolembi pasi», le projet quinquennal de Katumbi, chiffré à 141 milliards de dollars, prévoit entre autres de mettre fin à cette «injustice sociale» avec des projets réalisables grâce à la lutte contre la corruption et la diversification de l’économie.

Les ralliements de Matata, Diongo et Kikuni, une force en plus

Aux Boyomais, Katumbi a rappelé le rôle qu’ils ont à jouer pour mettre fin au «régime des promesses et de la taxe illicite RAM» en votant utile, en votant pour lui, pour le début d’un «ambitieux projet» en faveur d’une armée «véritablement républicaine, bien équipée avec des soldats bien formés et bien payés». Katumbi a également appelé les Boyomais à «sécuriser» leur vote par la vigilance. Avant de monter sur la tribune, Katumbi recevait la nouvelle des désistements en sa faveur. Quelques heures après Matata Ponyo dimanche, Seth Kikuni et Franck Diongo ont renoncé à leurs candidatures respectives à la présidentielle pour rallier le combat du n°3, désormais investi «ticket gagnant de l’Opposition».

Mardi, Katumbi et ses trois nouveaux alliés ont débarqué à Buta, deuxième étape du périple électoral du leader d’Ensemble.

Dans le chef-lieu de la province du Bas-Uélé, il s’est offert un nouveau carton plein dont lui seul a le secret. Bravant la pluie, la population de Buta est allée à la rencontre du n°3. Une fois de plus, Katumbi s’est montré très critique envers le régime Tshisekedi «qui n’a entrepris aucun projet social concret en faveur de la population locale après 5 ans d’une gestion basée sur les promesses».

Évoquant le cas de la principale route reliant l’aéroport de Buta au Rond-point de l’Indépendance, longue de 7 km, abandonnée durant toute la mandature 2019-2023, devenue boueuse après l’averse du jour, le candidat #3 a répété, ensemble avec l’assistance, les problèmes à l’origine de la souffrance de la population. «Le Bas-Uele est une province oubliée, ignorée, sans eau, sans électricité, dépourvue d’infrastructures routières, médicales, scolaires et sportives modernes, malgré ses gisements d’or», a relevé Katumbi, promettant de relever tous ces défis sociaux et économiques, et demandant aux électeurs de cette province de l’espace Oriental de ne pas voter pour «l’expert en promesses non tenues».

Entouré de ses désormais alliés, Matata Ponyo, Franck Diongo et Seth Kikuni, Katumbi s’est présenté en lingala comme l’homme de la situation et des actions concrètes, capable de pacifier le pays et redonner le sourire à ses populations dans un délai bref. Après le meeting de Buta, Katumbi a repris son avion pour Kisangani, où il s’est bâti une belle résidence en plein centre-ville, dans la commune de Makiso, pour une réunion avec Matata, Kikuni et Diongo. Avec les trois et en attendant «d’autres ralliements», Katumbi entend quadriller le territoire national. Déjà incontournable dans la partie Est du pays, le boss du TP Mazembe l’est encore on ne peut plus avec l’arrivée dans les rangs de Matata adulé dans son Maniema natal.

Seth Kikuni et Franck Diongo seront d’un apport non négligeable pour convaincre l’électorat jeune et de l’Ouest. Ce début de campagne en fanfare du candidat n°3 à la présidentielle aura conforté les pronostics des bookmakers: Katumbi a toutes les chances de faire mouche.

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