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AFDC: Bahati prêt à tout pour garder la main

Un vent de dissidence souffle sur l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo -AFDC. Mené par Otto Bahizi, un groupe de frondeurs conteste l’autorité de Modeste Bahati Lukwebo, président statutaire de ce parti membre de l’Union sacrée de la nation. Les contestations, nées au lendemain de la sortie polémique du sénateur sur le débat autour de la Constitution, portent désormais sur sa gestion.

Les frondeurs l’accusent notamment de «népotisme» mais aussi d’entretenir des liens avec la rébellion de l’AFC/M23. Téméraires, ils sont allés jusqu’à bloquer l’application des résolutions du 4ᵉ Congrès du parti en saisissant le ministre de l’Intérieur. De quoi irriter Bahati, qui voit le parti lui filer entre les doigts, tout juste un mois après avoir perdu son siège au bureau du Sénat.

Habitué à des batailles du genre, le sénateur, qui a survécu à une démarche similaire menée par Néné Nkulu en 2019, veut garder la main. Samedi 25 avril, le secrétariat général du parti a dénoncé, dans un communiqué, ce qu’il qualifie de tentative de déstabilisation interne. L’aile «statutaire» de l’AFDC entend préserver l’intégrité du parti, coûte que coûte.

Dans cette communication du Secrétaire général Guy-Richard Malongo, Otto Bahizi n’a pas été épargné. Il est accusé, avec «sa bande», de mener une «campagne de discrédit contre la direction officielle». En même temps, Malongo rejette en bloc les accusations portées contre son président national, notamment celles liées au népotisme, à une prétendue acquisition de la Bralima Bukavu en connivence avec des intérêts étrangers, ou encore à un supposé soutien aux rebelles de l’AFC/M23. Sur cette deuxième accusation, la direction de l’AFDC voit une volonté de «décapiter politiquement» Bahati Lukwebo. «Ce dernier est parmi les grandes victimes de l’occupation des rebelles de l’AFC/M23 qui ont confisqué et occupent à leur guise les biens meubles, immobiliers, les hôtels du Sénateur», rappelle le SG Malongo.

Des complices au sein de l’Union sacrée

Face à ces «imputations graves non avérées», le parti rappelle le manque de mandat et de légitimité des frondeurs, exclus, pour la plupart, depuis quelque temps du parti. Malgré ce départ acté, ils continuent d’utiliser les symboles du parti, au grand dam du camp Bahati qui y voit des activités jugées clandestines. Pour y remédier, une action judiciaire a été initiée mais peine à prospérer. Pour se soustraire de la justice, Otto Bahizi s’organiserait «pour ne plus avoir d’adresses connues, pendant qu’ils continuent à tenir clandestinement des points de presse de manière sporadique, et disparaissent après dans la nature».

L’autre astuce utilisée serait de revendiquer le soutien de «certains membres influents du Pouvoir et des hauts cadres des services de sécurité», allègue Guy-Richard Malongo. Une accusation qui traduit la gravité de la crise interne et laisse entrevoir un conflit aux ramifications politiques sensibles alors qu’Otto Bahizi a publiquement mis en doute la «loyauté» et la «sincérité» de Bahati Lukwebo envers le président Tshisekedi.

Malgré ce tableau, Bahati Lukwebo ne cache pas sa détermination. Par la bouche de son SG, il a rejeté catégoriquement toute initiative visant à remettre en cause son autorité au sein de l’AFDC alors qu’il vient à peine d’être réélu. Le parti regrette cependant une sorte de complicité au sein de l’Union sacrée avec des «partenaires qui ne jouent pas franc jeu». Ces derniers «seraient tentés de fragiliser l’unité et la solidarité» au sein de la majorité présidentielle en s’alliant à Otto Bahizi.

Malgré ces «moments difficiles», Bahati a rappelé son appartenance à l’Union sacrée et son alignement politique avec le chef de l’État, Félix Tshisekedi. Une manière de rappeler son ancrage dans la majorité au pouvoir et de consolider sa position dans le paysage politique RD-congolais.

WIDAL

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