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Boshab apporte la lumière sur le massacre de Lubero

Evariste Boshab, vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité a éclairci le député national Crispin Mbindule Mitono sur les questions relatives à la dégradation de la sécurité publique dans le territoire de Lubero, dans le Nord-Kivu. Dans sa missive, le député exigeait d’Evariste Boshab des réponses sur le massacre de 18 personnes à Miriki. «Qu’est ce qui justifie la recrudescence de l’insécurité au Nord-Kivu, en général et dans le sud du territoire de Lubero en particulier? Quel est le rôle de la Police nationale RD-congolaise alors que les populations subissent les sévices sous le regard impuissant des policiers? Pouvez-vous, cette fois-ci, dévoiler les auteurs du carnage de la localité de Miriki?», s’est demandé le député national.
Pour cerner au mieux cette préoccupation de l’insécurité, le vice-Premier ministre Evariste Boshab a brièvement retracé l’historique du conflit sévissant entre Nande et Hutu qui résulte de la dissension entre FDLR et Maï-Maï. Pour le VPM Boshab, les facteurs déclencheurs de la recrudescence des violences principalement à Miriki sont à rechercher dans le retour massif des Hutus, en province de Masisi et Rutshuru depuis 2015, mais aussi, selon certains experts, dans l’échec de l’intégration d’éléments issus des ex-mouvements rebelles RD-congolais et du CNDP de Laurent Nkunda au sein des Forces armées de la RD-Congo -FARDC. «Le fait que le droit coutumier Nande ne permet pas la vente des terres est également une des causes de ce conflit», a expliqué le VPM en charge de l’Intérieur et Sécurité.
Les Hutus obligés de louer chez les Nande ont commencé à se comporter en propriétaires. Au regard des indications épinglées, Evariste Boshab a signifié que la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu est dominée par les phénomènes de la persistance de l’activisme des groupes armés, la criminalité et du grand banditisme ainsi que des conflits socio-fonciers. C’est ici qu’il a rappelé les mesures sécuritaires urgentes, les missions diligentées par l’autorité provinciale accompagnées des membres du comité provincial de sécurité et le gouvernement de la RD-Congo par le biais du ministère de la Décentralisation et affaires coutumières.
Pour ce qui est du rôle de la Police, le n°1 de la sécurité a affirmé qu’elle remplit pleinement sa mission régalienne au regard des textes qui la régentent depuis sa réforme. Evariste Boshab a reconnu que beaucoup reste à faire, tant d’efforts à fournir en vue de continuer à équiper et former les policiers de manière conséquente. Il a noté certaines actions de la Police nationale qui sont inhalées par les obstacles notamment la complicité entre certaine population et les forces négatives, soit à cause de liens ethniques, soit pour les intérêts pécuniaires liés aux divers trafics illégaux. «Le recours et l’utilisation par certaines autorités coutumières ou propriétaires fonciers aux forces négatives pour la protection de leurs intérêts», s’est plaint le VPM Boshab pour dénoncer la connivence entre certains hommes en uniforme avec les forces négatives qui se sont spécialisés dans la contrebande et le trafic illicite des ressources naturelles. Il a estimé qu’il serait prématuré de relever avec précision les identités des présumés. «Néanmoins, des indications obtenues et informations à sa possession orientent jusque-là les recherches vers le major Bazume du commandant BN FARDC et de Savimba, ancien major/CNDP qui avait intégré le FDLR/RUD. Il a été aperçu la veille au camp des déplacés», a révélé Evariste Boshab affirmant que les conclusions de l’enquête seront connues de tous. Dans sa lettre de réponse au député Mbindule, le VPM Boshab a éclairé la lanterne. «Tout le monde est invité à contribuer à l’édification de la paix durable dans cette partie de la République», a-t-il conclu.
Bijou KULOSO

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