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BIAC: faillite officialisée

La BCC a suspendu le Conseil d’administration de la BIAC dont des ténors étaient introuvables à Kinshasa et placé sous sa tutelle l’institution en banqueroute C’est officiel. La Banque centrale du Congo -BCC- a suspendu le Conseil d’administration de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo -BIAC-
dont des ténors étaient introuvables à Kinshasa et placé sous sa tutelle l’institution en banqueroute. Désormais, la BIAC est gérée par des fonctionnaires de la BCC. Après la révélation par la presse, «AfricaNews» en première ligne, de la faillite de la BIAC, personne n’y a cru. Les responsables de la banque, la BCC et le gouvernement ont, dans un premier temps, tenté de minimiser, démentant toute difficulté. Puis, dans un communiqué officiel, l’Exécutif n’a pas trouvé mieux que d’affirmer: la BIAC connaît une situation passagère de liquidité après la brutale suspension du refinancement par la BCC.
Entretemps, le DG Michel Losembe a été limogé et remplacé par Anne Mbuguje. Puis encore, la BIAC, elle-même, a alerté les épargnants à qui elle a adressé ce SMS: «Cher client, le siège est dorénavant réservé aux entreprises. Ainsi, nous mettons à votre disposition l’ensemble des agences BIAC pour vos opérations privées». Quatrième banque de la RD-Congo, la BIAC représente près de 400.000 épargnants dont dépendent naturellement 4 millions de personnes. Dans sa correspondance datée du 8 avril dernier, le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo, a demandé au Conseil d’administration de la BIAC de céder une partie de son portefeuille sain à Ecobank, TMB et Sofibanque. Cette opération devrait permettre à la BIAC de récolter USD 23 millions. Aussi la BCC notifiait à la BIAC d’user de toutes les voies pour recouvrer les créances en souffrance dont celles sur l’Etat estimées à USD 26 millions. Après le passage de Mutombo devant les députés, l’Assemblée nationale a demandé au gouvernement de rembourser sans délai 30 millions de dollars des créances de la BIAC et à la Banque centrale de cristalliser son indépendance. Pas besoin d’un dessin pour comprendre que les dernières décisions de la BCC de placer sous sa tutelle la BIAC et de suspendre son conseil d’administration est une officialisation de la faillite de cette dernière. De l’avis de plusieurs économistes, la situation datait. Ce n’était pas non plus un incident de parcours ni une situation liée au marché mondial ni la contraction des recettes d’exportation, encore moins le contexte actuel de l’économie du pays. La crise de la BIAC a commencé depuis plusieurs années quand l’institution la mieux implantée du pays s’était mise au refinancement de la Banque centrale avant de s’essouffler lorsque le gouvernement, lui-même en difficulté, a demandé à la BCC d’arrêter le refinancement.
 
Octave MUKENDI
BCC

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