
Le sénateur Afani Idrissa Mangala est perçu comme un maître dans l’art du chantage. Avec sa pétition infondée contre Sama Lukonde, cet élu du Maniema semble adopter une stratégie avide et illégale pour contraindre le Bureau à fournir deux véhicules à chacun des sénateurs, un acheté par le Sénat et l’autre par le Chef de l’État. En outre, il exige une hausse de 20 000 dollars, faisant grimper les émoluments mensuels à 35 000 dollars par sénateur, selon certains de ses collègues mécontents de son approche. Cette demande peu ordinaire aurait été formulée lors de la réunion à huis clos du 14 juin 2025, d’après leurs précisions.
Au Sénat, un pamphlet dénonçant Afani Idrissa Mangala, qui a récemment prétendu avoir récolté plus de 70 signatures pour destituer Sama Lukonde et son équipe, circule subtilement. Dans ce brûlot, l’auteur, également sénateur, s’interroge sur la légitimité de la demande d’Afani Mangala d’augmenter les émoluments des membres de la haute chambre parlementaire, «alors qu’une partie de notre territoire est occupée par le Rwanda et ses alliés de l’AFC/M23, et que les fonctionnaires, enseignants, médecins, policiers et militaires peinent à recevoir même 300 dollars par mois».
Selon ce collègue indigné, «les commentaires publics de sieur Afani violent toutes les règles du Règlement Intérieur du Sénat, car ils ternissent l’image de la chambre parlementaire en recourant au chantage, aux mensonges, à la calomnie et à des allégations infondées».
L’initiateur de cette diatribe accuse Afani Mangala de mensonge lorsqu’il évoque une gestion opaque du Bureau, alors que le rapport financier et administratif du Sénat a été approuvé à l’unanimité le 15 juin 2025, y compris par le même Afani. De plus, il estime qu’Afani Mangala «a fait preuve d’ignorance en attribuant injustement au Sénat la responsabilité du retard de paiement des salaires des administrateurs de territoire, des conseillers municipaux, et de la rétrocession des provinces». Rappelant que «le régime des pétitions appartient aux législatures antérieures», l’auteur du réquisitoire encourage Afani Mangala à consulter les articles 31 et 32 du Règlement Intérieur du Sénat.
Pour conclure son pamphlet, le pourfendeur de Mangala le met au défi de «fournir la preuve des 70 signatures des sénateurs dits ‘révolutionnaires’» et va jusqu’à proposer son invalidation pour «mensonge flagrant».
