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Après le crash à 17 morts, Kin-kiey en mission à Kenge dévoile les images inédites de l’aérodrome envahi et spolié

Il n’y a plus de piste à Kenge. Il y a des maisons en tôles bleues. Quinze jours après le crash d’un Let 410 UVP de Tracep Congo Aviation qui a coûté la vie à 17 personnes le 25 septembre à Kenge, chef-lieu du Kwango, dont deux hauts gradés de la justice militaire, le président du conseil d’administration de la Régie des voies aériennes, RVA-SA, le Pr Tryphon Kin-kiey Mulumba, a conduit samedi une mission officielle sur place avec le directeur général de la régie, Louis Blaise Londole. L’appareil, un petit bi-turbopropulseur tchèque immatriculé 9S-GUC, assurait la liaison Kikwit – Kinshasa.

Parti de Kikwit à 13 h 50, il s’est écrasé vers 14 h 00 dans le quartier Manzawu à Kenge après avoir tournoyé plusieurs fois au-dessus de la ville à la recherche d’une zone d’atterrissage d’urgence, selon le vice-gouverneur Rémy Saki. Bilan: 13 passagers et 4 membres d’équipage tués, aucun survivant. Parmi les victimes figurent le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC.

«Après le crash de Kenge qui a ôté la vie à 17 personnes dont 2 hauts gradés de la justice militaire, je conduis ce samedi une mission officielle de la RVA-SA dans le Grand Bandundu pour comprendre et faire qu’une telle tragédie ne se répète plus», a écrit le Kin-kiey sur son compte X.

Sur place, la délégation -PCA, directeur général Louis Blaise Londole et administrateurs de la RVA- a d’abord effectué une descente sur le talus broussailleux où s’est abîmé l’avion. Elle a ensuite été reçue par le gouverneur Willy Bitwisila au gouvernorat pour une photo de famille. C’est la troisième séquence qui frappe. Guidée par le vice-gouverneur, la délégation PCA-DG s’est rendue sur l’aérodrome de Kenge. «L’image inédite de l’aéroport de Kenge envahi et spolié depuis cinq ans», écrit le patron de la RVA. Le cliché, pris samedi 10 octobre en présence de Louis Blaise Londole, est accablant: l’emprise aéroportuaire a disparu sous l’habitat spontané. Parpaings, fondations inachevées, clôtures en bambou, toitures neuves. La piste est lotie.

La RVA parle d’un aérodrome «désaffecté par l’envahissement et la spoliation». Le ministre des Transports a depuis suspendu le certificat d’exploitation de Tracep et cloué au sol sa flotte en attendant l’enquête.

Face à la presse, sur le site même, le Pr Kin-kiey n’a pas caché son émotion: «Je ne peux que vous réitérer ma grande tristesse lorsque, sur une piste aérienne, on voit autant de maisons, autant d’immeubles. C’est ce qu’on appelle l’envahissement et la spoliation». «Que voulez-vous que la RVA fasse? Nous venons de Kinshasa, nous avons eu un long entretien avec le gouverneur. Maintenant nous sommes sur le site qui appartient jusqu’à aujourd’hui à la RVA, donc à l’État congolais. Il a été envahi, il a été spolié, oui, des maisons partout. Mais qui peut vous dire qu’ici a existé une piste aérienne?»

Le PCA poursuit, amer: «Il n’y a même pas un point pour faire un stade de foot. Il n’y a même pas un coin, tout a été pris par de géantes maisons, regardez. De géants immeubles. Ce sont des puissances qui ont pris possession d’un terrain qui appartient à l’État». Et de rappeler: «La province du Kwango n’a pas d’aérodrome, n’a pas d’aéroport depuis plus de cinq ans. Et le NOTAM avait déjà été pris, notifié à tous les pilotes, à tous les navigants: il n’y a pas d’aéroport ici. Vous venez de voir. Où pensez-vous qu’un avion peut atterrir ici ? Ça n’existe plus. À la suite d’un arrêté d’un gouverneur qui a dépossédé l’État de sa peau».

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