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Amos Mbayo empile les casquettes à l’international

Il est partout à la fois. Président du Comité Olympique Congolais -COC-, ancien ministre des Sports et Loisirs sous Ilunga Ilunkamba, 2e vice-président de la CAHB, membre du Conseil de l’IHF, président de la Zone 4… Et depuis le 6 juillet, membre de la Commission de Développement de l’ANOCA pour l’olympiade 2025-2028.Marcel Amos Mbayo Kitenge n’a pas quitté les radars depuis son mois de décembre 2025 XXL. Le courrier venu d’Abuja, signé par le président de l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique et membre du CIO, l’officialise: le Congolais entre pour 4 ans dans l’une des commissions stratégiques du sport africain.

C’est à son titre de patron du COC qu’il siège. Mission: formation des cadres, accompagnement des CNO, déploiement des programmes de solidarité olympique. En clair, être dans la salle où se décident les budgets et les priorités qui préparent l’Afrique aux prochains Jeux.

Le déclic de décembre 2025

Tout s’est joué au Caire. Le 20 décembre 2025, Amos Mbayo est élu 2e vice-président de la Confédération Africaine de Handball -CAHB- avec 51 voix sur 51. Un score qui dit l’unanimité autour de son nom dans le handball africain.Le lendemain, la CAHB le propulse plus haut encore. Elle le désigne pour représenter l’Afrique au Conseil de la Fédération Internationale de Handball. De Bâle à Doha, la République Démocratique du Congo a désormais une voix dans l’instance suprême qui vote les règlements, attribue les compétitions et oriente le développement mondial de la discipline.

Parallèlement, Mbayo reste président de la Zone 4 de la CAHB. Et c’est à ce titre qu’il a été chargé de superviser la 33e Coupe d’Afrique de handball juniors masculins prévue cette année à Abidjan. Un rendez-vous vital pour la relève du continent. En quelques semaines, le même homme s’est retrouvé à faire le lien entre le terrain en Afrique centrale, les décisions continentales et les arbitrages mondiaux.

Du gouvernement au Mouvement olympique

Ce n’est pas un coup de chance. Avant d’enchaîner les sièges internationaux, Amos Mbayo a pratiqué le sport, exercé comme encadreur puis dirigeant, accompagné des ministres avant de siéger au gouvernement. Ministre des Sports et Loisirs en 2019, il a géré les urgences: préparation des sélections, infrastructures, dialogue avec les fédérations et le CIO.

Cette double culture, État et Mouvement olympique, est rare. Elle lui sert aujourd’hui. À la tête du COC, il mise sur la gouvernance, la formation et le retour de la crédibilité du comité congolais auprès du CIO. À l’ANOCA, son arrivée tombe à point. La Commission de Développement gère les fonds de solidarité olympique. C’est elle qui finance les stages, les équipements et les programmes pour les CNO qui en ont le plus besoin. Avoir un Congolais à cette table, c’est donner plus de poids aux réalités de l’Afrique centrale.

Le pays change d’échelle

Pendant longtemps, la présence congolaise dans le sport international se résumait aux athlètes, à l’exception de Constant Omari et Véron Mosengo, qui ont côtoyé les commandes de la FIFA et de la CAF. Avec Mbayo, elle confirme sa présence dans passe les bureaux, au cœur des machines qui façonnent les sports. Au handball, l’enjeu est clair: défendre les clubs, les arbitres et les centres de formation de la Zone 4. À l’IHF comme à la CAHB, il peut peser pour que les compétitions de jeunes et les aides au développement n’oublient pas l’Afrique centrale. À l’ANOCA, l’enjeu est politique. À l’approche des échéances qualificatives pour 2028 et des Jeux Olympiques de la Jeunesse, les choix budgétaires qui seront faits dans cette commission détermineront quels pays auront les moyens de préparer leurs athlètes.

«Le handball, l’olympisme, le développement: c’est le même combat», résume un proche. L’agenda s’annonce chargé: Abidjan pour les juniors, Abuja pour les programmes ANOCA, Lausanne pour l’IHF, et Kinshasa pour le handball et le COC. Reste l’équation du temps. Cumuler autant de fonctions exige de déléguer et de garder le cap. Mais pour Kinshasa, qui cherche à peser davantage sur le sport africain, la montée en puissance est indéniable.

Avec Amos Mbayo, la voix congolaise ne se contente plus d’applaudir depuis les tribunes. Elle est désormais assise là où se tricotent les décisions.

AKM

Achille Kadima Mulamba est le directeur général d'AfricaNews RDC. Journaliste et analyste politique, il couvre depuis plusieurs années les questions de gouvernance, d'économie, de démocratie et d'affaires publiques en République démocratique du Congo. Ses analyses et éditoriaux privilégient la mise en contexte des faits, l'esprit critique et la promotion d'une information crédible au service des citoyens.

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