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AIM Congress 2025 : Suminwa vante la RDC auprès des investisseurs internationaux

La Première ministre Judith Suminwa participe pendant trois jours, à Abu-Dhabi, la belle et magnifique capitale des Émirats arabes unis -EAU-, à la 14ème Session du Forum annuel de l’investissement -AIM Congress 2025-, où elle mène une offensive de charme auprès des dizaines de décideurs et des milliers d’investisseurs internationaux présents à cette importante rencontre des leaders mondiaux engagés à faciliter les opportunités d’affaires et booster la croissance mondiale. Avec sa feuille de route pour les investissements chiffrée à 94 milliards de dollars dont elle assure de disponibiliser 54% de financement sur fonds propres, la participation du gouvernement de la RD-Congo à ce rendez-vous, alors que le pays contraint de faire face à une guerre d’agression a l’ambition d’en sortir renforcé, a été encouragé par les organisateurs.

Dès lors, ce qu’il est important de montrer ce que la RD-Congo n’est pas focalisée uniquement sur le front militaire mais entend aussi se projeter sur le front de la transformation économique et écologique. Pour ce faire, la cheffe du gouvernement a pris la parole lundi à l’ouverture des travaux, peu après les interventions successives du ministre d’Etat des EAU en charge du Commerce extérieur Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, du Président de la République de l’Arménie Vahagn Khachaturian, dont le pays a vu son économie faire des progrès spectaculaires de 43,5% entre 2017 et 2024 grâce aux investissements innovants et aux échanges commerciaux, du Président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso et du Secrétaire général de la Ligue des États arabes Ahmed Aboul Gheit, puis mardi lors d’un panel consacré à la RD-Congo, présentant le pays comme une destination de choix en Afrique. Suminwa a chaque fois plaidé pour des investissements directs étrangers durables et transformateurs en RD-Congo. «Mais pourquoi investir dans l’ex-Zaïre? Parce qu’avec 120 millions d’habitants, des réformes en cours et un potentiel immense, la RD-Congo est prête à accueillir des investissements qui favorisent une croissance inclusive et la diversification économique», a-t-elle expliqué.

Méthodique, chiffres à l’appui, la Première ministre a mis en avant les atouts du plus grand pays d’Afrique centrale: l’une des économies les plus prometteuses du continent, 500 000 km² d’aires protégées, 90% du bassin du Congo, un potentiel électrique estimé à 100.000 mégawatts dont 44.000 mégawatts sur le site d’Inga, 80 millions de terres arables offrant la capacité de nourrir plus de 2 milliards de personnes, premier producteur mondial de cobalt avec d’importantes réserves de cuivre, lithium, coltan et manganèse, 42 milliards de baril de pétrole de réserve potentielle, deuxième plus grande forêt tropicale du monde avec des espèces rares et un exceptionnel potentiel touristique, une jeunesse dynamique et compétente représentant plus de 60% de la population locale, et une position stratégique avec 9 pays frontaliers, représentant un vaste marché de consommation de près de 400 millions d’âmes. 

Trois axes stratégiques pour rééquilibrer l’économie nationale

«La République démocratique du Congo mise sur l’innovation, la diversification de son économie, une coopération gagnant-gagnant avec des partenaires engagés. En investissant en République démocratique du Congo, vous contribuez à bâtir l’Afrique de demain, une Afrique résiliente, innovante et prête à relever des défis mondiaux. Par conséquent, nous vous invitons à rejoindre notre dynamique et à faire partie de cette aventure de transformation, de croissance et de prospérité partagée», a mobilisé la cheffe du gouvernement.

Le Plan de diversification des investissements conçu par le gouvernement repose sur trois secteurs prioritaires. Son objectif est de réduire la dépendance du pays du secteur minier et rééquilibrer l’économie nationale. Le premier pilier concerne les infrastructures et les BTP, avec des projets structurants déjà lancés. La réhabilitation de la RN1 Kinshasa-Matadi et la construction de 10 000 logements sociaux en sont les chantiers phares.

Ces investissements doivent permettre au secteur d’atteindre une croissance de 5,2% cette année, contre 3,8% en 2024 selon les projections officielles. Le deuxième moteur de croissance passe par l’énergie et l’industrialisation. Ici, le ministère de l’Économie table sur une progression de 2,9% du secteur énergétique en 2025, portée par l’extension du barrage de Busanga et la création de zones économiques spéciales. Ces projets s’accompagnent d’un vaste programme d’électrification rurale destiné à soutenir le développement industriel dans les provinces. Comme troisième axe stratégique de son plan, le gouvernement a retenu le Numérique et services émergents. Il a, à cet effet, mitonné le programme «RDC Digital 2030» visant à transformer le paysage technologique national avec le déploiement accéléré des réseaux 4G/5G et un soutien renforcé aux start-ups locales. Les autorités anticipent une croissance de 3,8% pour les services numériques et l’e-commerce cette année.

Des journées chargées avec un Accord commercial en vue entre Kinshasa et Abu Dhabi

En marge des échanges, Suminwa a des journées chargées. Elle s’est entretenue lundi avec le ministre émirati du Commerce extérieur sur l’état d’avancement des projets communs en cours de finalisation. Présent à cette réunion, Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur de la RD-Congo, a précisé que son homologue et lui ont fait part la Première ministre de l’évolution des négociations pilotées conjointement depuis plusieurs mois en vue d’un Accord commercial de libre-échange entre Kinshasa et Abu Dhabi.

À l’issue de cette réunion, la Première ministre Suminwa a fixé un délai d’un mois aux deux ministres pour finaliser l’accord, tout en soulignant que Abu Dhabi a déjà soumis son offre tarifaire à Kinshasa. La signature officielle de cet accord historique sera supervisée par les Chefs d’État des deux pays, Félix Tshisekedi pour la RD-Congo et Son Altesse Mohamed Ben Zayed pour les Émirats arabes unis. Cet accord représente une opportunité stratégique pour la RD-Congo, qui a enregistré, au cours des trois dernières années, des exportations vers les ÉAU s’élevant en moyenne à 1,059 milliard de dollars, contre des importations d’environ 1,89 milliard de dollars.

Ce déséquilibre commercial, d’environ 650 millions de dollars par an, pourrait être atténué grâce à ce nouvel accord, qui vise à porter les échanges commerciaux à 3 à 5 milliards de dollars annuels d’ici 2030. Mardi dans le stand de la RD-Congo géré par l’Agence nationale pour la promotion des investissements -ANAPI-, Suminwa a eu une séance de travail avec Stéphane Gaudechon, vice-président de Bureau Veritas, autour de deux projets structurants pour l’économie nationale. D’une part, le Guichet unique du commerce extérieur -SEGUCE-, en phase finale d’implémentation, destiné à fluidifier les procédures commerciales en RD-Congo.

Et, d’autre part, le Programme de vérification de la conformité des marchandises -VOC-, mis en œuvre avec l’OCC et chargé de sécuriser les importations et améliorer la qualité des produits sur le marché RD-congolais. Bureau Veritas a aussi présenté deux nouveaux projets d’investissement, salués par la Première ministre, qui a exprimé sa volonté de renforcer ce partenariat stratégique vieux de 20 ans. Ce mercredi, Suminwa repart au front à la faveur d’une nouvelle et dernière matinée dédiée à la RD-Congo, axée sur les opportunités d’investissement et la présentation des projets en quête de financement.

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