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Affaire Katumbi: ça dérape!

Moise à Kutumbi, à son retour à Lubumbashi après plus de trois mois d'absence
Moise à Kutumbi, à son retour à Lubumbashi après plus de trois mois d’absence
Affaire d’Etat ou simple péripétie politicienne? La passe d’armes entre la Majorité et le gouverneur du Katanga a connu, vendredi 15 janvier, un nouveau rebondissement avec l’irruption au front de Daniel Mbayo et Eric Nonga, président national et vice-président national de la CDTU, sans nul doute le plus jeune parti membre de la MP, né en avril 2014, selon son président national. Si Mbayo et Nonga ont légitimement appelé à la démission de Katumbi, les observateurs s’accordent à dire qu’ils sont allés au-delà de la frontière… près de leur juge 
Dans le débat qui tourne autour du meeting du gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, le 23 décembre 2014 à Lubumbashi, on a déjà entendu à peu près tous les arguments, qui sont en général de nature politique, sociologique voire stratégique. Des centaines d’articles ont été écrits et des dizaines d’émissions télévisées tournées sur la question, et chacun de nous est devenu expert dans son coin, capable d’expliquer avec autorité le pourquoi et le comment des penalties complaisants.
Pourtant, la sortie médiatique vendredi 16 janvier 2015 de Daniel Mbayo et Eric Nonga, deux jeunes katangais, président et vice-président la Convention des démocrates travaillistes unifiés -CDTU-, parti membre de la Majorité présidentielle -MP-, est totalement inédite. Ces deux jeunots ont tenu des propos discourtois, à la limite de l’insulte, à l’endroit du gouverneur. Diable, destructeur, cleptomane, populiste, détourneur, menteur… On a entendu tous ces qualificatifs, tous ces mots sortir de la bouche de Daniel Mbayo et Eric Nonga. Et la télé officielle a relayé. Hystérie? Diffamation publique? La ligne rouge est franchie. Ça commence à déraper et à choquer.
Affaire Katumbi? Affaire d’Etat ou simple péripétie politicienne? La passe d’armes entre la Majorité et le gouverneur du Katanga a connu, vendredi 15 janvier, un nouveau rebondissement avec l’entrée dans la danse de Daniel Mbayo et Eric Nonga, deux jeunes katangais, président national et vice-président national de la Convention des démocrates travaillistes unifiée -CDTU-, un obscur parti politique membre de la Majorité présidentielle -MP-, le plus jeune sans nul doute, né en avril 2014, selon son président national. Si Mbayo et Nonga ont légitimement appelé à la démission du gouverneur du Katanga, les observateurs s’accordent à dire qu’ils ont cependant choisi une méthode et des termes qui frisent la diffamation publique.
Diable, destructeur, cleptomane, populiste, détourneur, menteur… On a entendu tous ces qualificatifs, tous ces mots sortir de la bouche de Daniel Mbayo et Eric Nonga. Et le JT de 20 heures de la télé officielle a relayé sans que personne ne s’en émeuve. Les conférenciers sont allés loin au-delà de la frontière. Pourtant, dans pareil combat, il ne suffit pas seulement d’aller trop loin pour frapper fort, de donner des coups comme on le peut. Il faut avoir raison. Mbayo et Nonga devaient se poser la question de leurs propres limites quand ils prenaient la parole. Ils ont sans nul doute ouvert une brèche… inévitable.
La preuve incombe à celui qui allègue
Soudain, les analystes dénoncent leurs attaques ad hominem dans une allusion transparente à la polémique opposant la Majorité à l’un de ses valeureux cadres depuis la litote de trois penalties complaisants dont le dernier ne saurait être accepté par le public, interprétés comme des mandats présidentiels. Comme pour anticiper toute question, Katumbi n’a plus jamais parlé, montrant qu’il n’entendait polémiquer avec personne, refusant de céder à aucune provocation.
Passant au peigne fin le texte de la conférence de presse de Daniel Mbayo et Eric Nonga, ces analystes n’excluent pas une action du gouverneur contre ce qu’ils qualifient de dérapage. «Le contenu de cette conférence de presse ayant été rendu public, les conseils du gouverneur pourraient se le procurer aux fins de le verser dans la procédure pénale à initier contre ces messieurs», commente-t-on. «Katumbi a la latitude de charger ses conseils d’engager une action en diffamation contre ces jeunes gens», ajoute-t-on.
Cette éventuelle action judiciaire mettrait évidemment en cause Mbayo et Nonga, contraints de brandir les preuves de leurs allégations en vertu du principe «la preuve incombe à celui qui allègue». Il reste que Katumbi a aligné des performances depuis son avènement au Katanga. Chaque année, les régies financières de la province cuprifère reçoivent des satisfécits tant du gouvernement que des partenaires étrangers. Mais à l’absence du gouverneur, les recettes douanières ont baissé de 45% alors que trois mois plus tôt, le Premier ministre Matata Ponyo avait loué les prouesses du Katanga.
Tino MABADA

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