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Restructuration de la CENI: CENCO a-t-il réussi son coup?

Une chose est à mettre sur la liste des mérites de l’abbé Donatien Nshole et son alter ego de l’Eglise du Christ au Congo, Nsenga Eric. Ils ont réussi à détourner l’opinion des faits en rapport avec le choix du délégué des Confessions religieuses à la CENI en laissant entendre une rumeur de corruption. Rien de plus facile. La sauce a pris. Plus personne, même parmi les journalistes les plus chevronnés, ne s’interroge sur le fait que le Cardinal Ambongo ait, le 8 juin 2020, lors des discussions, retiré son neveu de candidat, Cyrille Ebotoko, parce que celui-ci, selon les propres mots du prince de l’Eglise Catholique, «n’avait pas la carrure nécessaire à ce poste», plus encore: «qu’il ne faisait pas le poids face à Ronsard Malonda».

Personne non plus n’a eu le réflexe, pourtant naturel en journalisme, de s’interroger sur le fait qu’Ambongo ait décidé d’appuyer le candidat de l’ECC, Professeur Eale Bosela, bien que  repris et ayant compéti sur la liste des candidats du regroupement Alternance pour la République de Jean-Bertrand Ewanga, plateforme politique pro Lamuka.

Pis encore, des témoignages renseignent que le curriculum vitae de celui-ci avait été gardé secret par l’ECC depuis le 3 juin, jour où les experts des Confessions religieuses avaient travaillé au tamisage des 24 candidatures présentées, après que l’Assemblée nationale, via sa présidente, ait demandé, la veille, aux Confessions religieuses de proposer leur délégué à la CENI.

Autre curiosité: pourquoi les médias ne s’attardent pas sur le fait que le tandem CENCO-ECC n’ait choisi de se faire militant de la réforme de la CENI qu’après avoir essuyé un échec d’y placer leurs choix?

La réponse n’est pas évidente pour beaucoup. Les questions n’en sont pour autant pas moins pertinentes. D’ailleurs, des observateurs avertis s’interrogent également sur le parallélisme dans la démarche de la CENCO et celle de Lamuka qui avait réussi à infiltrer son candidat à travers l’ECC.

La succession des faits après les 9 juin pourrait être révélatrice d’une curieuse coïncidence. Déjà, Eale Bosela, le dernier candidat du tandem resté en lice, est membre de l’Alternance pour la République/Lamuka  -vérifiable sur les listes des législatives à la CENI.

Après l’échec de placer leur pion, le 10 juin, le tandem CENCO-ECC jette l’anathème sur les autres Confessions religieuses. Une insinuation de corruption a suffi.  Des heures après, Lamuka emboîte le pas avec une déclaration remettant en cause le choix de Ronsard Malonda. Cette position aurait pu être valable si CENCO-ECC n’avaient pas glissé un candidat sorti des listes de Lamuka. Le 12 juin, le Cardinal Ambongo échange sur la question avec l’ambassadeur américain Mike Hammer. Le 13 juin, ce dernier voit Jean-Pierre Bemba à ce propos avant d’échanger au téléphone avec Katumbi et Fayulu, tous leaders de Lamuka. Aucun médias ou presque ne s’en émeut! Seule la suspicion de corruption des autres Confessions religieuses choque, bien que cela ne soit jamais démontré.

Au contraire, ces religieux qu’on accuse de rouler pour le pouvoir subissent des menaces et pressions. USD 25.000 et une jeep leur ont même été proposés par des émissaires se déclarant conseillers à la présidence pour qu’ils changent leur vote. Des témoignages concordants font remarquer la présence de Kankienza à la tête de cette délégation.

Par ailleurs, à ce jour, à en croire ses proches, le colonel Lucien Lamartinière, Chef de territoire et représentant légal de l’Armée du Salut n’a toujours pas récupéré son passeport, confisqué le 9 juin 2020 par les services de sécurité, juste après la désignation de Ronsard Malonda.

Il a d’ailleurs été interrogé sur le fait qu’il avait voté pour l’actuel secrétaire exécutif national de la CENI, confie-t-ton.  Cette affaire de délégué des Confessions religieuses à la CENI n’a sans doute pas encore révélé tous ses secrets.

Matshi Darnell

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