Dossier à la UneJusticeNation

Police des parquets: Marc Ekila réinstalle Boyau par la force, défiant les ordres de Tshisekedi

Une vidéo montre le climat dans lequel Camille Antoine Boyau, âgé de 82 ans, a été installé vendredi 3 octobre, sans qu’aucune procédure de remise et reprise ne soit respectée. Les éléments de la Police nationale ont forcé l’entrée du bureau de l’inspecteur général de la Police judiciaire Léon Musadila pour imposer l’ancien titulaire, actuellement suspendu par le ministre de la Justice, une situation qui déclenche des controverses. Ce scandale débute avec une lettre signée le 28 septembre 2025 par le ministre intérimaire de la Justice, Marc Ekila, qui a profité de l’absence du ministre d’État Guillaume Ngefa pour demander au Secrétaire général de la Justice de mettre en œuvre un arrêté de réhabilitation et de nomination en faveur de Boyau. Cette décision a pourtant été déclarée illégale par le Conseil d’État, l’organe judiciaire administratif suprême de la République Démocratique du Congo.

En ayant installé Boyau avec l’assistance des forces policières, sans attendre le rapport du ministère de la Justice concernant le dossier administratif de cet ancien Inspecteur général suspendu pour des fautes administratives et poursuivi par la Justice pour détournement de fonds publics sous RP822 devant la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, le ministre intérimaire de la Justice Marc Ekila a défié les directives présidentielles. Le président de la République, Félix Tshisekedi, par l’intermédiaire de son Directeur de cabinet, a adressé une lettre au ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, lui demandant de faire le point sur la situation administrative de Camille Boyau. Dans ce courrier, le président souligne avoir reçu des plaintes tant de Boyau que d’inspecteurs judiciaires, mettant en question la légitimité de Boyau à occuper le poste d’inspecteur général.

Le malaise au sein de la Police judiciaire survient à cause d’un arrêté du ministre de la Fonction publique, jugé illégal par le Conseil d’État. Cet arrêté engendre une confusion administrative, car il se juxtapose à l’arrêté de l’ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo, qui avait nommé Léon Musadila à la fonction d’Inspecteur général de la Police judiciaire. En conséquence, le poste d’Inspecteur général, où Ekila a placé Boyau, n’est pas vacant. «Puisque le poste n’est pas libre, cette décision viole la dernière ordonnance du Conseil d’État, N° ROR 1381, qui stipule la suspension de l’arrêté de nomination et de réhabilitation en faveur de Boyau», martèlent les inspecteurs judiciaires signataires de la plainte adressée au Chef de l’Etat. 

À ceux qui tiennent à imposer Boyau, ces derniers font savoir que Léon Musadila Mawala, l’actuel inspecteur général de la police judiciaire, n’est pas intérimaire comme on le suppose. «Il a été nommé par intérim puis confirmé dans ses fonctions six mois plus tard par Madame Rose Mutombo, ministre d’État à la Justice, par l’arrêté N° 268, abrogeant ainsi l’arrêté provisoire de Camille Boyau», précisent-ils.

Natine K.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page