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Lugi Gizenga: contradiction monumentale

Le Patriarche et secrétaire général du PALU, Antoine Gizenga, du haut de ses 93 ans d’âge et fatigué par le poids de l’âge pour avoir passé plus de 50 ans de lutte politique en faveur de la démocratie et le progrès de la RD-Congo, figure au nombre des prétendants pour succéder à Joseph Kabila. Déposée sans beaucoup de bruits par le secrétaire permanent du PALU, Lugi Gizenga, la candidature de Gizenga a suscité des commentaires dans tous les sens au sein de l’opinion.  «Antoine Gizenga, le même qui a démissionné de la primature en 2008 parce que fatigué par le poids de l’âge, dix ans plus tard pour prétendre diriger la RD-Congo! C’est une pure distraction», commente-t-on à Kinshasa. Lugi Gizenga ne l’entend pas de cette oreille. «Le Patriarche est en forme pour diriger le pays. Il se porte très bien. Il n’y a pas de problèmes du côté santé», tente-t-il de rassurer sur un ton affirmatif.
Sur les ondes de «Top Congo», Lugi Gizenga a laissé entendre que le Patriarche, en 2008, n’avait pas démissionné de la primature pour des raisons de santé et d’âge. Il voulait plutôt se concentrer «pour un travail politique et pour organiser son parti».
Lugi Gizenga a tout faux. Sauf s’il est atteint par l’amnésie, il devrait se rappeler de l’annonce faite par le Patriarche, lui-même en chair et en os, sur les antennes de la chaîne national, le soir du jeudi 25 septembre 2008. «Pour tout homme, même si l’esprit peut encore être sain et alerte, le corps physique a ses limites, dont il convient de tenir compte», avait déclaré Antoine Gizenga lors de l’annonce de sa démission sur les antennes de la «RTNC». Puis: «Après près d’un demi-siècle de lutte pour la cause nationale et plus de 600 jours d’exercice de fonction de Premier ministre, chef du gouvernement, j’ai décidé, en ce jour, de présenter ma démission de ce poste auprès du Président. J’ai déposé la lettre y afférent ce jour à 10h. Nous aurons la réponse du Président de la République lorsqu’il lui plaira de nous la faire savoir». Une monumentale contradiction de la part du PALU qui, à l’approche de la période d’enregistrement des candidatures pour la présidentielle, a organisé des primaires qui, au vu de la situation actuelle, se sont sans nul doute terminées en queue de poisson.  Si Antoine Gizenga, alors âgé de 83 ans, n’a pas été en mesure de supporter ces fonctions au point de jeter le tablier après presque deux ans de service, sera-t-il en mesure d’assumer les plus hautes fonctions du pays maintenant qu’il 93 ans? Pourra-t-il résister durant les 5 années du mandat présidentiel? Pas du tout certain.  Quoi qu’il en soit, le PALU aura au moins respecté sa détermination d’aligner les candidats à tous les niveaux des scrutins. Gizenga va devoir affronter Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du camp de Joseph Kabila avec qui, certainement, il n’a plus d’alliance. Le plus grand duel du Patriarche sera face à l’un de ses fils politiques, Adolphe Muzito, contre qui il va se disputer l’électorat dans l’ex-Bandundu où les deux personnalités ont un fort encrage politique. Une autre figure, originaire de ce coin du pays, est aussi dans la course pour le Palais de la nation. Il s’agit de Tryphon Kin-Kiey Mulumba. Le BDD, qui est son principal bastion, étant pris en sandwich par ces trois figures, tout porte à croire qu’Antoine Gizenga ne pourra peut-être pas atteindre la barre de 13,6% des suffrages exprimés comme en 2006.
LOI

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