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2023 en péril: Lubaya prévient Fatshi

«Le voyage du Président au Kasaï a été révélateur de la faiblesse de sa gouvernance et de l’échec de celle-ci, 3 ans après», a tapé l’élu de Kananga dans un message livré mardi 11 janvier, précisant: «la population le lui a signifié et ses ministres l’ont avoué. Par sa complaisance, il en porte seul toute la responsabilité et lui seul peut relever la barre…»

«2022 marquera au 19 janvier, la 4ème et avant dernière année du quinquennat. Il sera minuit moins cinq. Le temps restant est court. Il faudra évaluer le parcours, tirer les conséquences des choix opérés, passer à l’action effective et réaliser la promesse du progrès social», alerte l’élu de Kananga. «Qui aime bien châtie bien», dit un adage français. Et les Luba disent: «Kuambilangana mutudi ki mbulanda kufua», traduisez avec nous: «Nous dire des vérités en face ne va pas rompre notre parenté». Adage utilisé dans la vie quotidienne pour permettre à celui qui a une parcelle de pouvoir de rectifier le tir lorsqu’il est constaté qu’il commence à déraper ou à ne pas réaliser ses promesses.

Bien entendu, ce proverbe s’invite au débat en rapport avec la tournée du Président de la République dans l’espace Kasaï, sa terre natale. Constat amer: de 1960 à 2018, tous les régimes n’ont presque rien fait pour le Grand-Kasaï. On ne se limite pas là. Qu’a fait alors le régime actuel en faveur des populations kasaiennes appauvries, affamées, meurtries et clochardisées après 3 ans de règne? La question vaut son pesant d’or. Mais la réponse est peut-être épinglée dans les propos de Claudel André Lubaya, député national, élu de Kananga, fief électoral du Président Tshisekedi.

Tenant à tout prix aux valeurs républicaines et démocrates pour lesquelles son père Guillaume Lubaya Ntalaja a payé de sa vie sous le régime Mobutu et son corps, y compris ceux de ses 5 compagnons n’ont été retrouvés jusqu’à séjour, Claudel Lubaya trouve à redire concernant la visite officielle du Chef de l’Etat au Kasaï.

L’homme est également sur les traces d’Etienne Tshisekedi, grand combattant pour l’avènement de la démocratie et l’Etat de droit en RD-Congo. Selon l’élu de Kananga, dans l’espace Kasaï où a séjourné le Président Félix-Antoine Tshisekedi pendant plusieurs jours, on l’a vu tenir des meetings et réalisant des visites d’inspection dans différentes villes de 5 provinces composant cette région située au centre du pays. Et les leçons que Claudel Lubaya a tirées de cette tournée constituent une interpellation, mieux un avertissement en prévision des scrutins de 2023. «Le voyage du Président au Kasaï a été révélateur de la faiblesse de sa gouvernance et de l’échec de celle-ci, 3 ans après», a déclaré  Lubaya dans un message livré mardi 11 janvier, précisant: «la population le lui a signifié et ses ministres l’ont avoué. Par sa complaisance, il en porte seul toute la responsabilité et lui seul peut relever la barre».

Par ses propos, l’ancien gouverneur de l’ex-Kasaï Occidental et président de l’Union démocratique africaine Originelle -UDA/Originelle- affiche le franc parler, mettant à cette occasion le Président Tshisekedi devant ses responsabilités, et l’appelant sans hésiter à rectifier le tir, car 2023, c’est déjà demain! «2022 marquera au 19 janvier, la 4ème et avant dernière année du quinquennat. Il sera minuit moins cinq. Le temps restant est court. Il faudra évaluer le parcours, tirer les conséquences des choix opérés, passer à l’action effective et réaliser la promesse du progrès social», alerte Lubaya, soulignant qu’«à ce stade du quinquennat, la remise en question s’impose pour réajuster la conduite des affaires publiques. Elle répond au souci d’aller vers un changement qualitatif.  Cela implique des décisions courageuses qui marquent la rupture avec l’ordre actuel qui a démontré ses limites».

C’est tout dire. Sinon, 2023 est mis en péril. En 2018, le même Lubaya avait appelé Félix Tshisekedi et Martin Fayulu à s’unir pour présenter un seul candidat et ne pas faire louper l’occasion au peuple de jeter son dévolu sur un candidat président de la République de l’Opposition.

Face à la résistance, il avait opté de battre campagne pour Tshisekedi. Aujourd’hui, personne ne peut contredire le leadership de Lubaya et tous ces collègues politiciens qui ont mouillé la chemise pour l’élection de Fatshi dans la mesure où les résultats publiés par la Centrale électorale démontrent qu’au Kasaï Central, Tshisekedi a été élu à 98%. Aujourd’hui encore, son message sonne le tocsin. Fatshi seul est interpellé.   

Octave MUKENDI

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