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Justice : 20 ans de prison requis contre Bilenge

En 2015, le DG ai de la RVA avait refusé un audit diligenté par Luzolo Bambi et fait planer le doute sur la bonne gouvernance sous son règne… 

Le verdict est attendu le 5 janvier 2021. Mais l’accusation a d’ores et déjà requis 20 ans de prison ferme à l’encontre du Directeur général ai de la Régie des voies aériennes -RVA-, Abdallah Bilenge, jugé pour détournement de 15 millions de dollars de dette sociale. Proche de Joseph Kabila, Bilenge a été arrêté le 10 novembre dernier après une convocation pour une audition de routine. Une fois au Parquet, le magistrat instructeur l’a placé sous mandat d’arrêt provisoire et ordonné son acheminement à la Prison de Makala, où la Cour d’appel de Gombe l’a jugé en chambre foraine. 

Le Parquet reproche au DG ai de la RVA le détournement des droits dus à la Caisse nationale de sécurité sociale -CNSS-, à l’Institut de préparation professionnelle -INPP-, à l’Office national de l’emploi -ONEM-, et à la Direction générale des impôts -DGI. Quatre établissements publics socio-professionnels à qui l’opérateur public des voies aériennes devait reverser de fonds retenus de la paie des agents, estimés à 15 millions de dollars, selon l’avocat du prévenu, Amédée Mboma, qui a réfuté le chef d’inculpation dans les médias et durant le procès.

«On ne peut pas parler détournement. Ces fonds n’ont pas été décaissés et affectés à des besoins privés par mon client; ils n’ont juste jamais été débloqués, faute de trésorerie», a-t-il expliqué récemment à «Jeune Afrique». Selon la défense, la situation, loin d’être une nouveauté, court depuis 1996. «Donc, si Abdallah Bilenge doit être poursuivi, il faut aussi arrêter tous les directeurs généraux qui ont été en poste depuis cette date».

A en croire le même avocat, l’actuel patron avait d’ailleurs alerté par courrier le gouvernement dès 2015 -année de sa nomination- sur les difficultés financières de la régie et sur son incapacité à régler les droits dus à la CNSS, à l’INPP, à l’ONEM, ainsi que ses impôts. Dans ce document, daté du 21 août 2015, Abdallah Bilenge fait état d’une dette sociale de plus de 44 millions de dollars, «comprenant les arriérés des salaires, les décomptes finaux et les cotisations socio-professionnelles» de l’INSS, INPP, et IPR des 4 395 salariés de la régie.

Une somme passée depuis à plus de 65 millions de dollars, selon l’avocat. En juillet 2015, Bilenge avait refusé d’être audité par les équipes déployées par Luzolo Bambi, l’ancien conseiller spécial anti-corruption de l’ancien Président Joseph Kabila. A l’époque, Luzolo avait entrepris de réaliser un audit sur certains dossiers spécifiques liés à des opérations comptables et financières de la RVA. Ce refus avait fait planer le doute sur la bonne gouvernance à la RVA. 

Tino MABADA

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