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1,7 million de dollars: Luhaka au cœur d’un détournement

Sur instruction du VPM en charge des PT-NTIC, la somme d’USD 1.743.789 payée au consortium Entreprise Telecom et Agilis International par le ministère des Finances au titre d’arriérés des mois de juillet, août et septembre 2014, a été transférée sur un compte privé et inconnu des services du ministère des Finances pour traçabilité, logé à la BIAC au bénéfice d’un certain Jean Jacques Tuba Bozi, qui devait reverser la commission à l’ex-SG du MLC
L’épopée de la séparation anecdotique entre le vice-Premier ministre en charge des Postes, télécommunications et Nouvelles technologies de l’information et de la communication, Thomas Luhaka, et son ancien directeur de cabinet adjoint, Ndukuma Kodjo, est loin d’avoir livré tous ses secrets. Surprise par l’article publié dans l’édition AfricaNews N°1192, l’entreprise Agilis International, qui se dit victime d’une escroquerie orchestrée par Jean-Jacques Tuba et le Français Yan Ikerski avec la bénédiction de Luhaka, rebondit avec une mise au point qui révèle un détournement dont les bénéfices destinés au VPM en charge des PT-NTIC ont occasionné la révocation de Kodjo. Pourtant partie prenante au contrat, Agilis international affirme n’avoir vu ni touché un seul dollar américain de la somme d’USD 1.743.789 récemment libérée par le ministère des Finances pour le compte du consortium Entreprise Telecom et Agilis International. Sur instruction de Luhaka, ce montant a été viré vers un compte inconnu, autre que celui reconnu officiellement et mentionné sur l’Ordre de paiement informatisé N°623781 dont copie en facsimilé!
 
Le VPM des PTNTIC est trempé jusqu’au cou! Il est pris la main dans le sac. Avec sa bénédiction, Jean-Jacques Tuba et son copain de nationalité française, Yan Ikerski, ont réussi un détournement de près de 2 millions de dollars. Cet argent, payé au titre des arriérés de prestation du consortium franco-américain de lutte contre la fraude sur les appels internationaux entrants, devait être logé comme d’habitude dans le compte officiel créé par les deux contractants à la BIAC. Contre toute attente, comme indique un courrier d’Agilis International transmis au VPM Luhaka, ces fonds ont pris une destination inconnue. Ils ont été transférés dans un compte privé monté à l’insu de l’entreprise Agilis. La BIAC affirme avoir agi sous ordre du Vice-premier ministre Luhaka, auteur d’une lettre d’intimidation attestant que le compte fournit par Jean-Jacques Tuba, un ancien employé du Consortium chargé des dossiers juridiques et administratifs, était le bon et que cet argent devait y être transféré. Ça s’appelle détournement. Pas moins, pas plus! L’Etat et Agilis se sont fait escroquer. Malheureusement, avec la bénédiction d’un commis de l’Etat, un vice-Premier ministre en fonction, tenté par le gain facile. Le contrat signé entre l’Etat et les deux entreprises est pourtant clair. Il reconnait un compte principal logé à la BIAC. C’est ce même compte qui a été repris sur l’OPI visé par l’OD.
 
Un audit pour rire!
Selon des sources sûres, les accointances entre Luhaka et Tuba ne font l’ombre d’aucun doute. Tuba avait, semble-t-il, promis ciel et terre au VPM au cas où ce dernier le soutenait dans la guerre qui l’opposait déjà contre Agilis International qui l’avait officiellement récusé pour manquements graves.
En fait, Jean-Jacques Tuba Bozi est directeur général de Business Company Consulting -BCC-, un cabinet prestataire du consortium Entreprise Telecom et Agilis International. Mais depuis le 15 septembre 2014, Agilis, par le truchement de son CEO, Rawlan Bennett, avait notifié à Tuba la résiliation de leur contrat de représentation suite à des «manquements graves». Cette décision a été également portée à la connaissance du VPM en charge des PT-NTIC, qui a choisi de l’ignorer au profit du deal qu’ils avaient déjà noué avec le boss de BCC. Mais pour se faire payer, Luhaka devait ferrailler dur. Il devait convaincre le ministre des Finances et le PM de lever le gel jadis imposé sur les paiements du Consortium par l’ancien ministre aux PT-NTIC, Tryphon Kin-kiey.
Du haut de son rang de vice-Premier ministre, l’ancien secrétaire général du MLC et colonel durant la rébellion de 1998 à 2003 s’est jeté à l’eau, corps et âme, expédiant des lettres à destination du monde entier, plaidant la cause du Consortium dont il demandait le paiement d’au moins 2/3 de factures. «…En toute éventualité, s’agissant d’un paiement à titre conservatoire, je vous convie à statuer sur l’adresse bancaire de virement eu égard au mandat de représentation   et de gestion juridique de la société Business Company Consulting Sprl qu’exerce son Directeur général, Jean-Jacques Tuba Bozi. Et ce, en vue d’éviter la remise directe des fonds   entre les partenaires à performance inégale et en dispute, la représentation devant jouer son rôle prescrit à l’Accord du 07/12/2012 dont copie ci-jointe et qui lie cette dernière aux membres Consortium», écrit Luhaka au ministre des Financesn, sans relever que Tuba avait déjà été viré par Agilis. Le tour est joué. Mais pendant près d’une année, rien n’arrive. Jusqu’à ce que le 28 décembre 2015, le ministre des Finances, sur instruction du Premier ministre, vise un paiement de 1,7 million de dollars pour le compte du Consortium. Somme finalement à la base de la séparation entre Luhaka et son homme de confiance, Ndukuma Kodjo, celui là même qui concevait toutes les correspondances visant à obtenir le paiement.
Selon une note de Luhaka adressée au ministre des Finances, ce premier paiement devait prioriser l’audit annuel afin d’évaluer les performances des deux entreprises engagées dans la lutte contre la fraude sur les appels internationaux entrants. Agilis International n’a pourtant jamais été associée à toute cette procédure, affirme son CEO dans un courrier adressé au patron des PT-NTIC. C’est la veille de l’audit, à 17h25, que la firme américaine reçoit un email de BCC lui transmettant la liste des documents à préparer en vue d’un audit censé démarrer le lendemain. Dans sa lettre de protestation envoyée à Luhaka, Rawlan Bennet a blackboulé cette procédure ayant conduit à la désignation de KPMG comme auditeur. Pour deux raisons évidentes. Premièrement, Agilis International n’a pas été associée comme l’indique l’accord signé avec le gouvernement à la sélection de l’auditeur. Il a, à cet effet, demandé la réouverture de la procédure d’appel d’offres. Deuxièmement, selon le CEO d’Agilis, KPMG n’a pas d’expertise requise pour diligenter un audit dans le secteur des Télécommunications et spécifiquement dans la lutte contre la fraude sur les appels internationaux entrants. Pour toute réponse, Agilis s’est contentée du silence du VPM. Pour l’instant, les millions de dollars sortis par le Trésor ont pris un chemin inconnu. Bennet en réclame sa part à Luhaka! Et l’Etat, bien que roulé dans cette scabreuse affaire, escompte un procès devant une juridiction internationale et des fortes amendes du fait de l’indélicatesse d’un éminent membre du gouvernement de la République. En attendant, Agilis International poursuit Tuba Bozi et ses complices devant les juridictions du pays.              
Tino MABADA
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