
Alors que les activités extractives continuent de porter l’économie du Grand Katanga, une voix d’alerte s’élève depuis le chef-lieu de la province du Haut-Katanga. Débuté le lundi 16 février 2026, l’atelier sur la gouvernance des ressources forestières et la conservation, organisé par la Coalition des organisations de la Société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique -CORAP-, s’apprête à livrer ses conclusions ce mercredi 18 février.
Au cœur des échanges: la forêt de Miombo. Jadis souveraine sur 80% du Sud-Est de la RD-Congo, cette forêt claire, caractérisée par ses arbres de type Brachystegia, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Fragmentée et menacée, elle subit de plein fouet la triple pression de l’expansion minière, de la production de charbon de bois et d’une agriculture extensive.
Pour la CORAP, l’enjeu dépasse la simple protection des arbres. Il s’agit de sauvegarder un régulateur climatique crucial pour le piégeage du carbone et la santé du fleuve Congo. La dégradation actuelle met également en péril la faune emblématique de la région, notamment les éléphants et les antilopes du Parc de l’Upemba, désormais sur la ligne de front.
Dialogue de sourds ou tournant décisif?
La force de cet atelier réside dans la diversité de ses participants. Autour de la table, les acteurs de la Société civile font face aux géants miniers, aux autorités environnementales et aux experts de la conservation. L’objectif est clair: sortir de la simple dénonciation pour adopter des «mesures adéquates» de mitigation.
«Nous devons atténuer ce danger qui guette l’espace Grand Katanga», ont martelé les organisateurs. Les discussions passent en revue les failles de la gouvernance actuelle et cherchent à définir un cadre où l’exploitation des ressources du sous-sol ne condamne pas irrémédiablement les richesses du sol.
Alors que les travaux touchent à leur fin, les attentes sont fortes concernant la mise en place d’un plan d’action pour préserver ce qui reste de la forêt sèche. Les résolutions attendues ce mercredi devraient poser les bases d’une nouvelle éthique de gestion forestière, vitale pour la biodiversité et les populations locales. Dans une région où le cuivre et le cobalt dictent souvent la loi, la forêt de Miombo espère enfin obtenir son droit de cité.
Hénoc AKANO

