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En libre penseur, Sergine Rehema scrute la parité en RD-Congo

Journaliste à la radio «Top Congo FM», Sergine Rehema, en libre penseur, livre sa vision et sa conception sur la femme, être célébré en RD-Congo au mois de mars de chaque année. Pour Gino, une évaluation des actions menées par la femme s’impose pour voir quelle arme efficace utiliser en vue de franchir les barrières, continuer à s’épanouir et faire en sorte que la parité soit appliquée telle que prévue dans la Constitution du pays. La SG de l’ASBL Journaliste en action, reconnaissant des avancées significatives dans la lutte de la femme, reste cependant réticente quant à l’effectivité de la parité en RD-Congo à l’horizon 2030. Interview.
«Parité». Ce vocable caractérise le mois de mars 2017 et passe pour l’objectif assigné à la femme à l’horizon 2030. Est-ce utopique ou réalité?
C’est une lutte que la femme doit continuer à mener. Je parle plus de mon pays, la RD-Congo, où cette question de parité pose encore beaucoup de problèmes. Il faut reconnaitre toutefois aujourd’hui que la lutte de la femme porte quelques fruits bien qu’encore insignifiants. Des femmes émergent dans certaines institutions, mais le quota fixé par la Constitution -30%- n’est pas toujours atteint. Ce n’est pas impossible d’atteindre ce chiffre à l’horizon 2030 tel qu’évoqué par le thème international de la JIF. J’ai cependant beaucoup de doutes concernant la RD-Congo où la lutte est encore longue, pratiquement au niveau des balbutiements et qu’il faille continuer à la mener. La femme s’est-elle améliorée et quels sont les dividendes? Une évaluation sans complaisance de son action s’impose. Dans des pays comme la Suède, la parité est en application, car il y a l’observation égale des 50/50 dans les institutions du pays.
Que doit faire la femme pour atteindre cet objectif, la parité, dans l’échéance définie?
La femme doit changer de stratégies. Ce mois de la femme devrait être celui de l’évaluation, du bilan. D’où vient-elle? Où est-elle et où va-t-elle? Quelles stratégies définir pour atteindre l’objectif assigné? Mars 2017 devrait être un mois de réflexion et d’auto-évaluation pour la femme qui doit observer un temps d’arrêt, effectuer une démarche introspective quant à ce et rectifier le tir pour un meilleur départ.

Le monde entier a célébré la femme le 8 mars. Que représente cette fête pour vous?

Le 8 mars, on fête la femme. Je pense que l’on ne devrait pas se concentrer uniquement sur la femme, mais beaucoup plus sur sa lutte en faveur de ses droits. Dégager ce que cette lutte a déjà apporté à la communauté et à la société. C’est une bonne chose de fêter la femme, mais pour quel message et quelle finalité? Combien de femmes captent-elles ce message? Il y a beaucoup de travail à faire. La société RD-congolaise a horreur des évaluations. Or dans le cas d’espèce, pour mener un combat efficient capable de porter des fruits implique une remise en question permanente à travers l’évaluation sans complaisance des actions menées par la femme. Ceci permettra de définir la nature des armes à utiliser pour une meilleure défense des droits fondamentaux des femmes, pour franchir les barrières, booster son épanouissement et faire en sorte que la parité devienne une réalité avec sa mise en application telle que prévue dans la Constitution. La fête de la femme le 8 mars ne peut pas être réduite au simple port du pagne, car l’habit ne définit pas la femme.
Jeudi dernier, vous avez exposé au colloque national de communication sur le genre à l’UCC. Quel a été l’essentiel de votre exposé?
J’étais très ravie de participer à ce colloque très bénéfique pour moi et pour les étudiantes. Il a été question de partager, d’apporter mon expérience et de réconforter les étudiantes en leur apprenant qu’en tant que femmes, elles sont capables de beaucoup de choses. J’ai trouvé cela très intéressant parce que le fait de présenter aux jeunes étudiantes le parcours des aînées constitue une motivation pour continuer cette lutte, avoir des objectifs précis et ne pas se laisser décourager par n’importe qui, ni un quelconque vent de découragement. La définition claire des objectifs à atteindre permet de mieux s’armer pour relever les défis qui se présentent.
Propos recueillis par Laurent OMBA

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