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Secteur minier: le diagnostic de Luanga

Ancien conseiller en charge de l’économie du Président Joseph Kabila, le RD-Congolais Faustin Luanga Mukela, haut fonctionnaire international à l’Organisation mondiale du commerce -OMC- a entrepris de diagnostiquer les maux qui minent le secteur minier RD-congolais et plombent son développement. Cette réflexion postée sur son mur Facebook, où il appelle au débat sur cet important sujet, l’est en prélude à la parution de son livre intitulé «Pour un Nouveau Congo». Les réponses et les propositions de solutions au débat soulevé vont paraître dans ce livre programme et didactique, assure Luanga.
 
RD-Congo: secteur minier
La RD-Congo, souvent décrite comme scandale géologique, dispose d’énormes ressources minières qui auraient pu contribuer pour le développement du pays. Les réserves du cuivre du pays sont les deuxièmes du monde après celles du Chili. La RD-Congo détiendrait plus de 25% des réserves mondiales de diamants et occuperait la première place pour le cobalt. En dépit de son immense potentialité le secteur minier contribue, pour le moment, très faiblement à la croissance du pays.
En effet, le secteur minier pourrait et devrait constituer un vecteur de développement du pays. Par ces liens en amont avec les transports, la sécurité, les services de restauration et de nettoyage, la maintenance et la réparation de véhicules, l’équipement de santé et de sécurité, le terrassement, l’équipement électrique, le secteur minier pourrait générer des effets énormes d’entraînement industriels. Ainsi, le secteur agricole pourrait, lui aussi, bénéficier de la demande induite par les salaires distribués par le secteur minier, plusieurs mines katangaises important actuellement beaucoup de produits alimentaires.
En aval, les perspectives de transformation locale de matières premières pourraient se concrétiser et constituer une solution aux coûts de transport considérables des matières premières. Cependant, le secteur peine encore à se transformer et l’investissement par le secteur privé dans des unités de transformation et de traitement des minerais en sol RD-congolais se fait encore attendre.
C’est connu. La RD-Congo possède plusieurs types de ressources minières et énergétiques. Le secteur d’extraction demeure le fer de lance de l’économie nationale de par sa contribution aux recettes de l’État et à l’essentiel des exportations en valeur. Toutefois, le développement du secteur reste entravé par les multiples facteurs dont les plus importants restent entre autres: le manque d’infrastructures adaptées, y compris de transport; le déficit énergétique; l’insuffisance d’études et de données géologiques; la très faible offre domestique d’intrants et services essentiels aux activités géologiques et minières; et l’absence de mécanismes de financement et de crédit orientés vers l’industrie minière sur le marché RD-congolais.
Malgré les efforts du gouvernement de rationaliser ses multiples taxes et prélèvements, selon la Fédération des entrepreneurs congolais -FEC-, le fardeau fiscal pesant sur le secteur minier demeure lourd avoisinant les 60% de revenus et plombant la productivité du secteur. Par ailleurs, pour les produits pétroliers, le total des divers droits et taxes perçus représentent environ, 75%, du prix à la pompe, ce qui a comme conséquence d’alourdir considérablement les coûts de production en RD-Congo. Les importations minières sont sujettes au tarif au taux moyen de 7,1% pour les industries extractives et de 15,6% pour les produits minéraux non métalliques. Celles des produits pétroliers raffinés sont sujettes à un taux tarifaire moyen de 10%, avec un minimum de 5% et un maximum de 20%, sans oublier les autres droits et taxes d’entrée.
Ces différents facteurs, combinés aux taxes à l’exportation et aux différentes tracasseries, limitent la compétitivité de ces produits à l’exportation. Ces mesures encouragent la fraude et la contrebande observées dans le commerce de ces produits; elles ne sont pas non plus de nature à encourager des investissements dans ce secteur.
Par ailleurs, malgré toutes les potentialités qu’offre le sous-secteur, la RD-Congo ne dispose d’aucune politique ni globale ni sectorielle cohérente pour sa mise en valeur et son développement. La progressivité positive observée dans la structure tarifaire de ce secteur n’est pas de nature à encourager la transformation pour l’exportation. L’objectif de promouvoir l’exportation de produits miniers transformés s’en trouve ainsi contrarié, surtout qu’aucune structure ou organisation au niveau national n’a été prévue à cette fin.
Que faire? Quelle est la politique minière du pays? Quels sont les objectifs poursuivis par le gouvernent? Quels en sont les instruments? Est-ce que ces instruments sont de nature à permettre au pays d’atteindre les objectifs assignés? Merci d’avance pour vos échanges que je souhaite, novateurs, complémentaires et enrichissants. Les réponses et les propositions de solutions vont paraître dans un livre -programme et didactique-: «Pour un Nouveau Congo».
 
 
Faustin LUANGA MUKELA
www.faustinluanga.com

 

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