Culture

FIA 2025, un levier pour briser l’omerta autour des violences sexuelles

La 12ème édition du Festival international de l’acteur -FIA- s’ouvre ce mercredi 10 décembre 2025, à la prestigieuse salle polyvalente de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, avec pour thème: «Voix, corps et dignité: ensemble, mettons fin au silence autour des violences sexuelles».

Cet événement culturel majeur qui réunit des acteurs, metteurs en scène et professionnels du spectacle, se tiendra jusqu’au lundi 15 décembre prochain. De la commune de Bandalungwa à Lingwala, le festival se déploiera sur trois sites, notamment Mutombo Buitshi -ex-Moto na moto-, Ntongo Elamu ainsi que le terrain Comète. 

Un festival dédié à l’expression théâtrale et à la réflexion sociale

Lors du lancement officiel de l’activité, tenu mardi 9 décembre 2025, à quelques encablures de l’église Mangembo, dans la commune de Bandalungwa, à Kinshasa. Cajou Mutombo, directeur général du FIA, a souligné que cette édition place la parole et la résilience des survivantes au cœur de sa programmation, indiquant que l’objectif principal est de mobiliser le public autour des questions de dignité et de réparation par le biais de l’art. Il a également précisé que le festival renforce la cohésion sociale et la mémoire collective.

«Cette 12ème édition du Festival international de l’acteur, placée sous le thème “Voix – Corps – Dignité”, propose des projets immersifs dans des lieux non traditionnels. L’objectif est de rapprocher l’art du quotidien, de multiplier les rencontres et de favoriser des créations collectives nourries par les réalités locales», a-t-il indiqué au cours de cette conférence de presse. Pour éviter d’aller vite en besogne, le moteur du Festival international de l’acteur a fait savoir que cette édition confirme sa vocation d’allier création artistique et engagement citoyen. Par ailleurs, il a considéré l’art comme «un outil de réparation, de reconnaissance et de valorisation humaine».

Expliquant les choses à la manière de son père, Galans Mutombo Buitshi, fondateur du FIA, Cajou Mutombo a indiqué que cette édition du festival réunira sept pays, à savoir: le Congo-Brazzaville, le Cameroun, la République centrafricaine, le Togo, la France et la Belgique. Il a ensuite précisé: «La participation de certains reste conditionnée à l’obtention d’un soutien financier suffisant. Nous attendons encore la réponse du Fonds de promotion culturelle, dont l’appui est essentiel pour renforcer la crédibilité du festival».

À ses yeux, la vision du festival fait de la scène un espace d’exploration, de rencontre et de vérité, visant à rapprocher les peuples et à préserver les valeurs culturelles. «Au fil des ans, le festival s’est imposé comme un tremplin incontournable pour la création et le dialogue artistique en RD-Congo», a-t-il révélé devant le quatrième pouvoir.

Un laboratoire de création et de formation

Depuis sa création, a-t-il déclaré, sa programmation s’est enrichie, mêlant théâtre, danse, contes, musique, et offrant un espace de formation aux métiers du spectacle. Plus de 500 jeunes y ont été formés et plus de 2 000 artistes ont pris part à ses différentes éditions, ce qui consolide son rôle de laboratoire et de plateforme de diffusion.

Profitant de l’occasion, Cajou Mutombo a laissé entendre que cette année, le festival articule son action autour de plusieurs objectifs spécifiques, à savoir: faire de la célébration artistique un vecteur de parole pour les survivantes; mobiliser la Société civile autour des enjeux de dignité; renforcer les capacités locales via des ateliers et des formations techniques; et enfin, encourager les échanges fructueux entre artistes, communautés et institutions. Porté par la vision d’un avant-gardiste, le festival transforme l’art en acte citoyen.

Selon lui, cette approche confirme la mission du FIA: être bien plus qu’un simple rendez-vous culturel, mais un espace où la création sert la réflexion, le dialogue et la résilience. Il a appelé les artistes, les médias et les passionnés de culture RD-congolaise à se lever pour briser le silence autour des violences sexuelles. Depuis trois décennies, des violences sexuelles frappent l’Est de la RD-Congo, dans un conflit alimenté par l’exploitation des ressources naturelles. Le Festival international de l’acteur 2025 est perçu comme un événement culturel qui honore la dignité humaine à travers l’expression artistique.

Hénoc AKANO

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