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Intense lobbying de la PM à l’ONU: Suminwa mise sur la diplomatie auprès de Pramila Patten pour arracher la présidence du débat onusien sur les violences sexuelles

Mardi, au siège des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa a mené une opération de lobbying serrée auprès de Pramila Patten, la représentante spéciale du Secrétaire général chargée des violences sexuelles en période de conflit. L’audience, sobre mais symbolique, illustre la volonté de Kinshasa de transformer la plainte en action politique et diplomatique.

Patten, qui pilote les efforts internationaux pour prévenir et répondre à l’utilisation du viol et de la violence sexuelle comme tactique de guerre, a salué les avancées de la République Démocratique du Congo. «J’ai évoqué avec la Première ministre tous les efforts du gouvernement et j’ai reconnu tous les efforts… dans la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles en particulier», a-t-elle déclaré. Lors de l’entretien, la possibilité a été abordée que Kinshasa préside le débat annuel sur le rapport du Secrétaire général, une tribune qui permettrait au pays de mettre en lumière ses initiatives et ses défis sur la scène internationale.

Si Pramila Patten a tenu à reconnaître le «bon chemin» parcouru par Kinshasa, elle a aussi rappelé la force du facteur sécuritaire: «C’est le contexte sécuritaire qui explique le niveau élevé des cas de violences.» Autrement dit, les progrès politiques et institutionnels ne suffisent pas tant que persistent les violences armées et l’impunité qui alimentent les atrocités sexuelles.

Cette audience revêt un double enjeu pour la République Démocratique du Congo. D’un côté, elle cherche à capter l’attention et le soutien de la Communauté internationale en valorisant ses efforts de lutte et ses mécanismes de prise en charge des victimes. De l’autre, elle tente d’obtenir une tribune diplomatique -la présidence du débat onusien- susceptible d’attirer financements, expertise et pression politique sur les acteurs locaux et internationaux pour accélérer la mise en œuvre de mesures concrètes.

Reste la réalité du terrain: malgré les annonces et les reconnaissances formelles, des milliers de femmes et de filles continuent de subir des violences qui ont des conséquences profondes et durables. La rencontre entre Suminwa et Patten marque un pas dans la bataille pour la visibilité et la coopération, mais elle pose aussi la question cruciale de la traduction de la parole en protection effective et en justice pour les victimes.

AfricaNews

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