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Rentrée scolaire : affluence timide des parents au grand marché de Kinshasa

A moins de deux semaines de la rentrée scolaire, l’engouement n’est pas à son comble au grand marché de Kinshasa, où la demande des fournitures scolaires n’a toujours pas atteint son pic. Si les tissus d’uniforme s’écoulent facilement, cahiers et autres fournitures peinent à s’écouler. À 13 heures de ce jeudi 20 août, le soleil est à son zénith en pleine saison sèche. Sur l’avenue du Marché, non loin du grand bâtiment central, les agents du Service national et de la Police dispersent les vendeurs qui occupent les allées. Entre deux bousculades, deux parents s’arrêtent devant un étal. «C’est mieux d’acheter auprès du premier vendeur au coin de la rue et de rentrer directement à la maison», lance l’un d’eux.

Plus loin, des rayons entiers consacrés aux fournitures scolaires se sont formés. Ici, les tissus d’uniformes se vendent déjà comme des petits pains. Dans les sachets des clients qui sortent du marché, ils rivalisent d’ardeur avec des sacs à dos neufs. Constat contrasté sur l’avenue des Marais où les papeteries sont encore désertes. Cartons de cahiers, stylos, livres de lecture et boîtes mathématiques restent intacts sur les étals, malgré les renseignements pris sur les prix.

Mamie est vendeuse de fournitures scolaires depuis des années. Pour elle, la situation ne fait que s’empirer au fil des ans. Cette année, explique-t-elle, les parents regardent seulement les prix. «Ils prennent le sac et la tenue chez les voisins, mais personne n’achète de cahiers», déplore-t-elle.

Cette affluence timide s’explique, selon des parents interrogés, par la situation économique difficile. Face à des revenus limités, ils privilégient les tissus d’uniformes pour donner du temps au tailleur du quartier. «Le budget prévu ne suffit plus du tout à cause de la hausse des prix au marché», tonne un parent venu pour préparer la rentrée de ses enfants. Il dit craindre de voir ses enfants être contraints de partager les livres avec leurs voisins de banc en classe ou encore utiliser un seul cahier pour plusieurs cours.

Face à cette situation, les vendeurs encouragent les parents à ne pas attendre un miracle de dernière minute. «Les prix des cahiers ne vont pas baisser avant la rentrée», lance une vendeuse qui voit même un risque d’augmentation des prix avec l’agitation des derniers jours.

Djenny LUSAKUENO

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