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RDC – Zambie: la démarcation des rivières frontalières entre dans sa phase opérationnelle à Pweto

Les travaux de démarcation de la frontière entre la République Démocratique du Congo et la République de Zambie entrent dans une phase opérationnelle décisive. Samedi 29 août 2026, la Commission technique mixte a ouvert ses assises à Pweto, dans la province du Haut-Katanga. Placée sous le haut patronage du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières de la RD-Congo, cette rencontre de trois jours vise à matérialiser une portion stratégique de la frontière commune. L’objectif principal de ces assises est de finaliser le planning de démarcation sur un segment de 35 kilomètres le long des rivières Lukinda, Choma et Musongwishi. Les experts auront un délai maximal de 16 jours pour mener à bien cette tâche sur le terrain. Du côté RD-congolais, la délégation est menée par le Professeur émérite Célestin Nguya Ndila, Secrétaire permanent de la Commission permanente des frontières -CPF- alors l’Arpenteur général au ministère des Affaires foncières et ressources naturelles, Charles Pole, conduit la délégation zambienne.

La frontière qui sépare la RD-Congo et la Zambie s’étend sur une longueur totale de 2.149 kilomètres, comprenant 1.462 kilomètres de frontière terrestre et 678 kilomètres de frontière liquide -fluviale et lacustre. Cette ligne de partage est régie par le traité historique du 12 mai 1894, dont la frontière terrestre est matérialisée par la pose de bornes physiques et le traité de Kinshasa du 18 septembre 1989, qui concerne la frontière terrestre et liquide comprise spécifiquement entre le lac Tanganyika et le lac Moero. C’est sur ce tronçon précis que se concentrent les opérations actuelles de la Commission. Sur cette section Tanganyika-Moero, le tracé frontalier repose sur le principe de compensation réciproque et de répartition équitable des étendues d’eau par rapport à la ligne médiane. Le processus est déjà bien entamé: depuis 2021, la Commission Technique Mixte est parvenue à démarquer 140 kilomètres sur ce tronçon.

Les défis du temps et du financement

Bien que le traité de Kinshasa date de 1989, sa mise en œuvre sur le terrain intervient près de quatre décennies plus tard. Une temporalité que le Professeur émérite Célestin Nguya explique par la nature même des processus frontaliers et des priorités étatiques: «En matière de frontière, il y a deux parties: les discussions diplomatiques pour se partager les territoires, et une deuxième phase d’exécution sur le terrain par la pose de signes matériels. Il vient de se passer plus de 30 ans entre le traité actualisé et la phase d’exécution sur le terrain. Malgré la décision de conserver les limites coloniales, les deux États nouveaux se sont d’abord occupés d’autres aspects de leurs relations de voisinage».

Le Secrétaire Permanent de la CPF a également souligné que le fonctionnement d’une telle structure reste tributaire de la volonté et des capacités financières des deux pays «Le fonctionnement de cette commission dépend des moyens mis à sa disposition. Elle fonctionne au rythme de nos gouvernements respectifs, qui doivent allouer des ressources pour chaque rencontre nécessaire à cette matérialisation», a-t-il expliqué.

Un climat de coopération bilatérale renforcé

Malgré les défis logistiques et financiers, l’ambiance de travail entre Kinshasa et Lusaka demeure résolument constructive. Charles Pole, chef de la délégation zambienne, s’est montré particulièrement optimiste quant à l’issue de ces travaux. Selon lui, ces assises devront permettre de «résoudre les différends bilatéraux».

Cette session de Pweto marque un pas supplémentaire vers la stabilisation et la sécurisation définitives de la frontière entre les deux pays, consolidant ainsi la paix et la coopération transfrontalière dans cette région d’Afrique centrale. Assurant la coordination globale, le suivi technique et l’implémentation opérationnelle de ces travaux sur le terrain, Mathieu Mulala Kangombe, Directeur chargé des Commissions techniques mixtes au sein de la CPF de la RD-Congo devra notamment jouer un rôle important pour une issue heureuse de ces assises.

WIDAL

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