
L’amphithéâtre Tshanzu du Collège des hautes études de stratégie et de défense -CHESD- a servi de cadre, le samedi 4 juillet dernier, à une conférence qui a mis face à face le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, et un public essentiellement constitué de futurs cadres de la Défense et de la Sécurité. C’était à l’occasion du colloque international jubilaire marquant la clôture des enseignements de la neuvième session spéciale, organisée sous le haut patronage du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi. Lors de la conférence qu’il a animée à cette occasion, sur le thème: «Souveraineté narrative en temps de crise: information, communication, diplomatie et stratégie médiatique», le patron de la Communication et des Médias a appelé l’assistance à intégrer la maîtrise de l’espace informationnel comme une composante essentielle de la souveraineté des États.
L’initiateur du nouveau narratif a démontré que, dans un monde marqué par la révolution numérique, les conflits hybrides et la circulation instantanée de l’information, la puissance d’un État ne se mesure plus uniquement à sa capacité militaire ou économique, mais également à son aptitude à produire, défendre et imposer son propre récit. «Au XXIème siècle, la souveraineté ne s’exerce plus uniquement sur un territoire. Elle s’exerce également dans un espace informationnel devenu un véritable champ de compétition stratégique», a affirmé Patrick Muyaya devant les auditeurs du CHESD.
Faisant référence à l’expérience de la RD-Congo, l’orateur a expliqué que les enjeux de sécurité, de diplomatie, de justice internationale, de santé publique, d’investissements, de culture ou encore de sport sont désormais liés par une même exigence, à savoir: faire comprendre l’action de l’État et empêcher que d’autres construisent ou déforment le récit national. Il a également insisté sur le fait que la communication ne constitue plus un simple outil d’accompagnement des politiques publiques, mais une dimension stratégique de leur efficacité.
Selon lui, la diplomatie contemporaine se joue autant dans les enceintes internationales que dans les médias, les plateformes numériques et les espaces d’influence où se façonnent les perceptions des opinions publiques. Évoquant le changement de narratif qu’il défend depuis son arrivée au gouvernement, Patrick Muyaya a rappelé que la communication stratégique contribue à renforcer la crédibilité d’un pays, à soutenir ses démarches diplomatiques, à valoriser sa marque nationale et à faire entendre la voix des victimes dans les instances internationales.
«Les crises se déroulent simultanément sur plusieurs terrains: le terrain militaire, diplomatique, économique, judiciaire, mais également le terrain informationnel. Les récits influencent les perceptions, les perceptions influencent les décisions et les décisions influencent, à leur tour, les équilibres stratégiques», a-t-il souligné. L’histoire retiendra que cette rencontre, placée sous le thème général: «CHESD, dix ans de pensée géopolitique et géostratégique: capitaliser les acquis, éclairer les recompositions, projeter la défense et la souveraineté de demain», a été organisée du 2 au 4 juillet 2026 et a réuni des experts, des responsables institutionnels et des auditeurs autour des nouveaux défis stratégiques auxquels sont confrontés les États, dans l’optique définie par le ministre Patrick Muyaya.

