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RDC: Le sénateur Salomon Kalonda alerte sur des «nouvelles formes» de fraude et propose un «plan» pour les élections

Le sénateur Ensemble pour la République, Salomon Kalonda, a mis en garde samedi à Addis-Abeba contre de «nouvelles formes de fraude électorale», plus «subtiles» et «dangereuses», consistant selon lui à écarter les adversaires avant même le vote, lors du Forum parlementaire sur le renseignement et la sécurité.

Intervenant devant plus d’une centaine de parlementaires africains, américains et européens, l’élu du Haut-Katanga et cadre d’Ensemble pour la République a dénoncé l’utilisation des juridictions électorales comme «instruments politiques».

«Il ne s’agit plus seulement de manipuler les résultats, mais d’écarter les adversaires avant même l’ouverture du scrutin», a-t-il affirmé. «Le peuple ne peut pas choisir librement si on lui retire d’abord ses options. Une élection sans vrais choix n’est pas une élection. C’est une mise en scène».

Les coupures d’internet, “un aveu de défiance”

Le sénateur a également pointé le «verrouillage numérique»comme nouvelle menace pesant sur l’intégrité des scrutins. Il s’est opposé aux coupures d’internet et des réseaux sociaux lors des élections, notamment au moment de la proclamation des résultats.

Selon lui, ces restrictions visent à «empêcher la circulation des procès-verbaux issus des bureaux de vote, à limiter la capacité des citoyens à documenter les irrégularités et à étouffer les contestations».
«Couper l’internet pendant une élection, ce n’est pas une mesure de sécurité. C’est un aveu que le pouvoir en place ne fait pas confiance aux résultats qu’il s’apprête à annoncer», a-t-il lancé.

«Deux visages du même mal»: les coups d’État

Kalonda a ensuite établi un parallèle entre coups d’État militaires et manipulations constitutionnelles.
«Deux formes de coups d’État. Deux visages du même mal: la confiscation du pouvoir souverain du peuple», a-t-il déclaré.

Il distingue le «coup d’État militaire, brutal et visible» du «coup d’État constitutionnel, plus subtil», qui passe par «la modification des règles du jeu pour permettre à un dirigeant de se maintenir au pouvoir sous couvert de légalité».

Le parlementaire a déploré une «asymétrie» de traitement: «si les prises de pouvoir militaires entraînent condamnations et sanctions, les dérives constitutionnelles bénéficient trop souvent d’une ‘évidente complaisance’».
«Il n’y a pas de mauvais coups d’État d’un côté, de bons coups d’État de l’autre. Tant que cette asymétrie perdurera, la démocratie africaine restera en danger», a-t-il prévenu.

La démocratie, condition du développement

S’opposant au fatalisme, Kalonda a rappelé que certains pays africains respectent leurs Constitutions et leurs alternances.
«La démocratie réelle n’est pas un obstacle au développement, elle en est la condition», a-t-il assuré, suscitant un «tonnerre d’applaudissements» dans la salle.

Un plan en quatre axes

Pour “reconstruire la confiance”, le sénateur a proposé un plan en quatre points:

  1. Création d’une Cellule africaine permanente de veille électorale chargée de “détecter en temps réel les manipulations, de surveiller les attaques numériques et d’alerter les institutions compétentes”.
  2. Souveraineté numérique électorale: doter l’Afrique de ses “propres technologies, de ses propres experts et de serveurs hébergés sur le continent”.
  3. Audits électoraux transparents et inclusifs associant “opposition, société civile, médias et observateurs internationaux”. “La confiance ne se demande pas. Elle se mérite. Elle se gagne par la transparence“, a-t-il martelé.
  4. Mise en place d’un protocole parlementaire d’observation pré-électorale, pour suivre le processus “depuis l’enregistrement des électeurs jusqu’à la proclamation des résultats”.

Le Forum d’Addis-Abeba se tient jusqu’à dimanche sur le thème du renforcement du contrôle démocratique et de la coopération en matière de renseignement.

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