
Malgré la suspension imposée par le ministère de l’Intérieur, le Parti du peuple pour la reconstruction et de la démocratie -PPRD-, formation politique du Président honoraire, Joseph Kabila Kabange, a annoncé, mardi 6 avril dernier, la reprise officielle de ses activités sur l’ensemble du territoire national. Dans une déclaration signée par plusieurs responsables, le parti du sénateur à vie Joseph Kabila a estimé que l’arrêté pris le 19 avril par le ministère de l’Intérieur qui lui ordonnait de suspendre ses activités politiques sur toute l’étendue du territoire RD-congolais est «levé d’office», faisant ainsi référence aux allégations portées contre le parti. Il est en outre affirmé que «le délai imparti de 15 jours est dépassé sans qu’aucun tribunal n’en ait décidé autrement», mettant en exergue l’absence de tout recours judiciaire à l’encontre de cette sanction.
«En ce jour du 6 mai 2025, le PPRD totalise injustement dix-huit jours d’arrêt de ses activités. Le bureau politique du PPRD constate par conséquent que, conformément à l’alinéa 1er de l’article 29 de la loi n°04/002 du 15 mars 2024 portant organisation et fonctionnement des partis politiques -disposition sur pied de laquelle l’autorité auteure de la décision décriée avait agi-, le délai imparti de quinze jours est dépassé sans qu’un tribunal n’en ait décidé autrement. Dès lors, en vertu de l’alinéa 3 de l’article 29 de la loi précitée, le bureau politique du PPRD prend acte du fait que la mesure injuste de suspension de ses activités, prise sur base de fausses accusations par le vice-Premier ministre, ministre en charge de l’Intérieur et de la sécurité, est levée d’office», a-t-on lu dans cette déclaration.
Guidé par des principes de non-violence, le parti de l’ancien régime a refusé toute confrontation, préférant un recours pacifique et juridique. Cependant, le PPRD a dénoncé une vaste campagne de persécution politique contre la famille du Président honoraire, Joseph Kabila. Par ailleurs, le PPRD a invité donc ses membres, ses structures fédérales et de base à reprendre pleinement leurs activités politiques dans le strict respect de la Constitution et des Lois de la République. Enfin, le parti de Joseph Kabila a réaffirmé ne pas être un mouvement insurrectionnel, ni une milice, rejetant toute tentative d’assimilation à un groupe subversif.
«Le bureau politique du PPRD informe l’opinion tant nationale qu’internationale que ce parti et tous ses membres vont vaquer à leurs activités comme ils ont l’habitude de le faire, c’est-à-dire dans le respect de la Constitution et des Lois de la République. Le secrétariat permanent, les exécutifs fédéraux et tous les organes de base sont instruits quant à ce. Le PPRD n’étant ni un mouvement insurrectionnel ni une milice quelconque, ne saurait être complice d’un mouvement insurrectionnel», a déclaré le PPRD. Le gouvernement RD-congolais avait, par le truchement du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait ordonné la suspension des activités du PPRD.
Dans ce communiqué, le patron de l’Intérieur avait accusé l’ex-Président Joseph Kabila d’«activisme avéré» et son parti de garder un «silence coupable voire complice» face au groupe armé du Mouvement du 23 mars -M23- soutenu par le Rwanda dans l’Est de la RD-Congo. Par ailleurs, il avait dénoncé «l’attitude ambiguë» de Joseph Kabila qui «n’a jamais condamné» la rébellion du M23, ni le soutien du Rwanda à ce groupe armé antigouvernemental. Le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur avait également condamné le «choix délibéré» de l’ancien Chef de l’Etat de «rentrer au pays par la ville de Goma sous contrôle de l’ennemi qui assure curieusement sa sécurité».
Hénoc AKANO

