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RDC: Le CIDC interpelle les autorités belges sur les perquisitions judiciaires

Le Collectif international de la Diaspora congolaise -CIDC- hausse le ton contre les récentes procédures judiciaires et les perquisitions menées en Belgique. Dans une déclaration adressée au roi des Belges, au Premier ministre, aux ministres des Affaires étrangères et de la Justice, aux membres du Parlement fédéral ainsi qu’à l’ambassadrice de Belgique en RD-Congo, le collectif fait part de sa «profonde indignation» et de sa «vive inquiétude». Il estime que ces interventions, par leur calendrier et leur médiatisation, soulèvent des interrogations sur leur perception au sein de la communauté RD-congolaise, dans un contexte régional particulièrement tendu.

Datée du 22 octobre 2026, cette prise de position intervient alors que la RD-Congo traverse, selon les signataires, l’une des périodes les plus critiques de son histoire contemporaine. Le collectif rappelle les conséquences humaines et sécuritaires de la guerre dans l’Est du pays, qu’il qualifie de guerre d’agression menée par le Rwanda par l’intermédiaire de mouvements armés occupant des territoires RD-congolais. Il dénonce des violations du Droit international et invoque la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.

À cette crise sécuritaire s’ajoute, selon le CIDC, une nouvelle source de préoccupation: l’annonce de la création d’un mouvement politico-militaire associé à l’ancien Président Joseph Kabila, qui a dirigé la RD-Congo pendant 18 ans. Les signataires considèrent cette évolution comme une menace supplémentaire pour la stabilité nationale, dans un contexte déjà marqué par les violences dans l’Est. C’est dans ce climat de tensions que le collectif situe les interventions de la justice belge, intervenues, selon sa déclaration, deux jours seulement après l’annonce officielle du mouvement associé à Joseph Kabila. L’approche adoptée, les méthodes employées et le calendrier des opérations conduisent les signataires à s’interroger sur la manière dont ces procédures peuvent être perçues par l’opinion RD-congolaise.

La Diaspora, particulièrement les Belgo-RD-Congolais qui entretiennent des liens étroits avec leurs deux pays, redoute plusieurs conséquences. Le premier risque identifié est celui d’un affaiblissement de la cohésion nationale. Selon le CIDC, la médiatisation des opérations judiciaires, dans un contexte aussi sensible, pourrait alimenter les doutes et les divisions au sein de la communauté RD-congolaise, alors que l’unité est jugée essentielle à la défense de l’intégrité territoriale de la RD-Congo.

Le deuxième risque évoqué est celui d’une instrumentalisation politique. Les signataires estiment qu’en concentrant l’attention sur certaines cibles judiciaires, sans prendre suffisamment en compte, à leurs yeux, l’ensemble des menaces pesant sur la RD-Congo, ces interventions pourraient offrir une tribune politique à des acteurs engagés dans la contestation ou la déstabilisation des institutions RD-congolaises. Le troisième motif d’inquiétude concerne la fragilisation de l’unité des RD-Congolais. Alors que le pays a besoin de mobiliser toutes ses forces face aux menaces extérieures, le collectif craint que ces opérations n’accentuent les tensions et ne détournent l’attention des urgences sécuritaires et humanitaires dans l’Est.

Bruxelles appelée à tenir compte des enjeux régionaux

Au-delà des procédures judiciaires elles-mêmes, le CIDC interpelle la Belgique sur son rôle dans la recherche de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs. S’appuyant sur l’histoire commune des deux pays, le collectif estime que Bruxelles devrait demeurer un partenaire stratégique majeur de Kinshasa, engagé dans le respect du Droit international et la recherche de solutions durables aux crises régionales. Pour les signataires, la coopération belgo-RD-congolaise doit reposer sur le respect mutuel, la responsabilité et la prise en considération des réalités vécues par les populations RD-congolaises. Ils avertissent que des initiatives judiciaires perçues comme déconnectées de la gravité de la situation sécuritaire en RD-Congo risquent de provoquer de profondes incompréhensions au sein de la Diaspora.

Le collectif appelle ainsi les autorités belges à prendre pleinement la mesure des conséquences politiques, diplomatiques et sécuritaires que ces procédures sont susceptibles d’entraîner. Il insiste sur le respect de la souveraineté du peuple RD-congolais et demande que les opérations judiciaires concernées soient conduites dans le respect des principes d’indépendance, d’impartialité et d’égalité devant la loi. Sans présenter l’indépendance de la justice comme négociable, les signataires souhaitent que le déroulement de ces procédures ne contribue pas, directement ou indirectement, à fragiliser davantage un État confronté à de graves défis sécuritaires.

Cette protestation est portée par huit organisations de la Diaspora RD-congolaise, à savoir: Mon Congo ASBL, Front uni de la RDC, Ligue des patriotes congolais, Kongo Yeto ASBL, Bana Congo ASBL, Association des Congolais d’Angleterre -ACOA-, Lisanga ASBL et Les Congolais du Canada ASBL. Présentes notamment dans l’espace Benelux, en Allemagne, au Luxembourg, en Belgique, en Angleterre et au Canada, ces structures demandent aux autorités belges d’accorder une attention particulière à leurs doléances.

Tino Mabada

Doyen de la rédaction, Tino Mabada en est également le couteau suisse. Attaché à la rigueur journalistique, il suit avec une attention particulière les enjeux liés à la gouvernance, à la justice et à la vie publique. À travers ses reportages et ses analyses, il s'attache à fournir une information claire, contextualisée et fiable, contribuant ainsi à la mission d'AfricaNews : offrir une information crédible, vérifiée et sans filtre.

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