ActualitésNationPolitique

Seth Kikuni pose des préalables au «dialogue inclusif» et répond à Martin Fayulu

En exil depuis la mi‑janvier, l’opposant Seth Kikuni a réaffirmé, jeudi 26 février sur X, son attachement à un «dialogue inclusif» pour sortir la République Démocratique du Congo de la crise multidimensionnelle -à la condition expresse que ce processus repose sur des garanties préalables claires, crédibles et vérifiables. «L’opposition n’ira pas au dialogue si celui‑ci ne repose pas sur des conditions préalables claires, crédibles et vérifiables, seules à même d’en garantir la légitimité, l’efficacité et l’acceptabilité par toutes les parties», a écrit le président du parti Piste pour l’émergence. Pour Kikuni, il est inconcevable d’engager une concertation dans un climat de répression et de privation des droits: il rejette tout dialogue qui servirait d’instrument de légitimation du statu quo ou de simple exercice de façade.

Parmi les conditions qu’il pose, il cite, entre autres, l’exigence d’un cessez‑le‑feu et l’arrêt de toute répression visant à intimider ou réduire les voix dissidentes. Il réclame également la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la levée des condamnations à caractère politique avec le rétablissement des droits civiques et politiques concernés, ainsi que la restitution des passeports et la réaffirmation effective de la liberté de circulation. Kikuni demande encore l’annulation des procédures judiciaires à caractère politique, la levée des mandats d’arrêt et la réparation des préjudices subis, autant de conditions qu’il juge indispensables pour qu’un dialogue puisse être véritablement inclusif.

Il intervenait en réponse à Martin Fayulu, qui a présenté sa propre vision d’un cadre de discussion. Fayulu estime que le dialogue doit donner la parole à toutes les composantes de la société -y compris, contrairement au président Félix Tshisekedi, aux groupes armés- et met en garde contre toute exclusion susceptible d’entamer la légitimité du processus. Il appelle d’abord à assurer la préservation de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République Démocratique du Congo, tout en engageant dès maintenant des réformes des forces armées et des services de sécurité.

Ensuite, il insiste sur la promotion d’une gouvernance éthique, la rationalisation des finances publiques et la lutte contre la corruption, ainsi que sur le renforcement de la justice, des droits humains et de l’égalité devant la loi. De plus, il juge indispensables des réformes électorales permettant de garantir la transparence et la crédibilité des élections de 2028. Parallèlement, Fayulu plaide pour des mesures favorisant la coexistence pacifique entre les communautés congolaises et pour des actions visant la stabilité régionale dans les Grands Lacs.

Enfin, il propose d’inventorier et d’analyser les résolutions des précédents dialogues nationaux depuis 1958 afin d’en évaluer la mise en œuvre et d’en dégager une doctrine cohérente de gouvernance. Le leader de la coalition a par ailleurs exigé que les critères de participation au dialogue soient clairement définis, afin que l’exercice ne se réduise pas à une manipulation politique sans effets concrets. Face à ces positions, l’enjeu demeure de concilier l’exigence d’un minimum de garanties posé par l’opposition et la volonté du pouvoir d’engager rapidement une concertation susceptible de ramener la paix et la stabilité.

Henock AKANO

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page