
Tout est bien qui finit bien. Les lampions se sont éteints, jeudi 21 novembre, sur l’étape de Kinshasa de la formation des journalistes en factchecking, organisée par la Fondation Hirondelle. Depuis le lundi 18 novembre, ils étaient une vingtaine, venue de plusieurs médias de la capitale RD-congolaise, à être outillés sur la lutte contre la désinformation orchestrée par les acteurs étatiques et affiliés. Cette formation, organisée avec l’appui financier de l’ambassade des États-Unis, a été mené concomitamment dans 4 provinces de la RD-Congo. Avant ceux de Kinshasa, les journalistes de Goma et Mbuji-Mayi sont également passés à l’école du factchecking. Lubumbashi clôture sa session ce vendredi 22 novembre.
Pour la Fondation Hirondelle, cette formation entre dans le cadre son attachement au «renforcement des capacités des acteurs médiatiques». Son représentant-pays, Francis-Albert Kamguem, a précisé qu’elle «est en parfaite alignement avec cet objectif stratégique» de cette organisation. «Aujourd’hui, les journalistes RD-congolais sont à même de répondre au défi de notre époque, c’est-à-dire la désinformation. Ils ont été dotés d’outils sophistiqués pour identifier et combattre efficacement la désinformation, surtout celle véhiculée par des acteurs étatiques», s’est-il réjoui à la clôture de la session de Kinshasa.
Au terme de ces 4 formations, la Fondation Hirondelle enrôle environ 50 journalistes dans l’armée de lutte contre la désinformation. Ces nouveaux factcheckers ont promis de mettre à profit les outils appris pour le bien de la communauté. «Tous les quatre jours étaient importants. On a été suffisamment outillé pour s’engager dans cette lutte», a fait savoir Nathalie Sala Gisa, une des participants, ravie d’avoir pris part à une formation qui a débuté par la base: la définition des termes.
«Pour pouvoir pratiquer quelque chose, pour pouvoir s’engager dans quelque chose, il faut la connaitre. Il était donc important de savoir ce que c’est la désinformation pour ne pas la confondre avec la mésinformation et la malinformation. Savoir qui sont les acteurs de la désinformation c’est quelque chose puisque parfois on se dit que c’est une catégorie et pas une telle autres. Mais là on sait que même au niveau des États, il y a de la désinformation et c’est même un procédé institutionnalisé. Il faut donc avoir des outils qui permettent de détecter si c’est qui est par un officiel, un politique, même le plus influent, est une information ou une désinformation», a-t-elle poursuivi.
A Kinshasa, la formation a été donnée par Marianne Bouchart, une experte reconnue mondialement dans le développement des médias, avec le soutien du factchecker RD-congolais Dandjes Luyila. Ce dernier a rappelé que la désinformation est au cœur de la société aujourd’hui, notamment suite à la vitesse des réseaux sociaux. «Il est important pour les journalistes de maitriser les outils de vérification des faits. Le factchecking c’est le journalisme d’aujourd’hui. Un journaliste se doit de connaitre ces outils qui sont à sa portée et les maitriser pour ensuite les utiliser à bon escient afin de lutter contre ce fléau. La désinformation peut causer mort d’hommes, occasionner des soulèvements des populations et peut briser la cohésion sociale», a fait savoir le journaliste Dandjes Luyila, un des premiers factcheckers de la RD-Congo.
Désormais outillés, les journalistes formés se sont engagés à être ambassadeurs de la vérification des faits au sein de leurs rédactions, notamment en militant pour la mise en place des cellules factcheck.
Natine K.
