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RDC : Jean-Claude Katende crève l’abcès sur la révision de la Constitution

Dans sa tribune, Me Jean-Claude Katende, président national de l’Association africaine de défense des Droits de l’homme -ASADHO-, s’oppose à la révision constitutionnelle et appelle la population à la vigilance. D’après lui, l’annonce du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de mettre en place une commission pour mener une réflexion devant permettre de doter la RD-Congo d’une «Constitution digne» inquiète plus d’un RD-Congolais.

En effet, cet avocat bien connu dans sa lutte contre l’impunité justifie la raison de son inquiétude: «cette inquiétude est justifiée au vu des conséquences néfastes qu’une telle entreprise pourrait occasionner pour un pays dont la partie orientale est en proie à des rébellions de toute nature dont celle du M23 instrumentalisé par le Rwanda, d’une part, et qui cherche à rétablir la cohésion nationale brisée par les frustrations créées par les élections de 2023, d’autre part».

En outre, il indique qu’un tel projet va encore diviser le peuple RD-congolais voire la coalition qui est au pouvoir. «Si certains alliés du Président de la République sont d’accord avec lui pour diriger ensemble le pays jusqu’en 2028, je ne suis pas sûr qu’ils soient d’accord qu’il dirige encore le pays après la fin de son deuxième et dernier mandat», fait-il savoir.

Pour lui, réviser les dispositions non verrouillées de la Constitution est une chose possible. Le régime du Président Kabila l’avait déjà fait en 2011. Mais changer de Constitution pour en avoir une autre pourrait ouvrir la voie à la modification des dispositions relatives notamment au nombre de mandat, à la durée du mandat et au mode d’élection du Président de la République.

Et de poursuivre: «déjà, nous entendons certains RD-Congolais proches du pouvoir dire que le mandat de 5 ans doit être porté à 7 ou 9 ans renouvelable, de l’élection du Président de la République au suffrage universel doit être ramené au suffrage indirect, c’est-à-dire, l’élection du Président par l’Assemblée nationale».

Par ailleurs, il estime que ceci renforce leur méfiance vis-à-vis du processus que le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi veut lancer pour doter le pays d’une «Constitution digne». A l’en croire, en Afrique, les pays qui se sont dotés des Constitutions dignes, c’était dans les cas de révolution ou des Conférences nationales que l’Afrique a connu vers les années 90 -Niger, Bénin, Mali, etc.

«L’histoire de l’Afrique montre aussi que si l’initiative de modifier ou de changer de Constitution est prise par l’homme fort du pays, elle aboutit au renforcement de son pouvoir ou à la mise en place des mécanismes qui lui permettent de conserver le pouvoir pour lui-même ou pour son parti ou son regroupement politique -Côte d’Ivoire, Rwanda, Tchad, RCA, Togo, Gabon, Mali… Est-ce que le processus que le Président Tshisekedi veut lancer va échapper à cette réalité africaine?  Je ne le pense pas», explique-t-il. Et d’ajouter: «le fait aussi que ceux qui soutiennent le respect des fondamentaux de l’actuelle Constitution soient régulièrement menacés nous pousse à croire que quelque chose de mauvais se profile à l’horizon.  Pourquoi menacer les autres si les intentions sont bonnes?». Il demande parallèlement aux uns et autres de rester aux aguets comme du temps de Joseph Kabila, ancien Président de la République.

Hénoc AKANO

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