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FECOFA: Conor vs clubs, la crise s’intensifie!

Le football en République Démocratique du Congo est en proie à une crise persistante. Dans un mémorandum rédigé début septembre, les clubs de Ligue 1 et 2, ainsi que ceux des ligues provinciales, ont émis un ultimatum envers le comité de normalisation de la Fédération Congolaise de Football Association -FECOFA. Au sein de l’Association des dirigeants des Clubs de Football du Congo -ADFCO-, ces clubs réclament la publication rapide du calendrier électoral pour le comité de gestion des ligues nationales et le Comité Exécutif de la FECOFA. À défaut de ce calendrier, ils menacent de boycotter la saison 2025-2026. Ils se réservent également le droit de saisir le Tribunal Arbitral du Sport -TAS- pour dénoncer l’extension de ce régime de normalisation, jugé «illégal».

Imposé depuis avril 2023 pour permettre la nomination de nouveaux dirigeants à la FECOFA, le CONOR peine à réaliser cet objectif. Deux ans plus tard, l’attente devient insupportable pour les dirigeants de clubs, de plus en plus frustrés par les reports répétés. «Nous exigeons que le calendrier électoral pour les ligues nationales et le comité exécutif du CONOR soit publié dans un délai raisonnable à partir de la réception de cette lettre», ont-ils exprimé. Cette déclaration traduit le mécontentement d’une communauté de dirigeants et de supporters qui se sentent trahis par la lenteur d’un processus espéré depuis des années.

Affaire O’Neills, un prétexte discutable

Pour comprendre la colère des clubs, il est crucial de revenir au 2 août 2025. Ce jour-là, le CONOR a annoncé, presque avec désinvolture, le report des élections à une date ultérieure, en raison de la saisie des comptes de la FECOFA, consécutive à une plainte de l’entreprise irlandaise O’Neills, ancien fournisseur d’équipements de l’équipe nationale. Pour mettre fin au régime de normalisation, les clubs se disent désormais prêts à couvrir les frais de transport, d’hébergement et autres coûts liés à l’organisation des assemblées générales. En d’autres termes, ils rejettent le motif avancé par le comité Luntadila pour justifier ce nouvel report. «Lors des élections passées, aucun financement de la FIFA n’a été demandé», ont-ils rappelé.

Dans cette longue période d’attente, le football a perdu de son prestige dans le pays, notamment le championnat national dont le gestionnaire, la Ligue nationale de football -LINAFOOT-, est dirigée depuis 2019 par une commission provisoire dont le mandat initial de deux ans a été renouvelé. Depuis 2023, aucun acte juridique n’a été pris pour prolonger ou réorganiser cette commission. Cette situation s’applique également à la Ligue nationale de football féminin -LINAFF. «Elles fonctionnent donc dans l’illégalité, sans base statutaire ni légitimité démocratique», se lamentent les clubs.

Mosengo, le point de discorde

Au-delà de cette fermeté, se cache aussi une blessure d’orgueil. Récemment, le secrétaire général de la CAF a qualifié les élections de la FECOFA et de ses organes subdélégataires de «biaisées et entachées de fraudes». Le responsable administratif de la CAF a suggéré d’instaurer des garde-fous, comme des comités indépendants au niveau des ligues pour surveiller ces élections. Pour les clubs, ces déclarations paraissent «péjoratives».

Un autre point de contention est l’avenir de la saison 2024-2025. À l’aube de la nouvelle saison, l’incertitude pèse sur les résultats de la précédente. Moins de deux semaines avant le début des compétitions interclubs de la CAF, la RD-Congo ne connaît toujours pas ses représentants, en raison d’un litige au TAS qui empêche la validation du classement de la Ligue 1. Les clubs craignent même une exclusion de ces compétitions prestigieuses. «Nous demandons votre entière et active implication auprès de la FIFA pour rétablir les droits de la RD-Congo», ont-ils sollicité.

A un tournant décisif

Dans ce conflit entre les clubs et le CONOR, c’est l’avenir du football en RD-Congo qui est en jeu. Loin des stades animés par des chants, c’est un combat juridique, de signatures et de délais qui passionne actuellement les acteurs du football. Éreintés par cette attente, les clubs ont pris soin d’envoyer une copie de leur ultimatum à la FIFA et à la CAF, en raison de la «gravité» de la situation. À présent, tout un pays retient son souffle, espérant sauver un sport qui est devenu une véritable religion, dans un pays qui possède une riche histoire et un prestige footballistique à préserver. 

WIDAL

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