
C’est un acte inédit au Ministère des Finances. Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a doté son administration de la «Charte d’éthique et de déontologie professionnelle de l’agent des Finances», élaborée avec l’accompagnement de la Cellule d’éthique et de lutte contre la corruption. Plus qu’un document administratif, le ministre veut en faire une véritable Bible pour les acteurs du secteur. Il l’a officiellement dévoilée, mercredi 7 octobre 2026, au cours d’une cérémonie solennelle au Centre financier de Kinshasa. Devant un parterre de plus de 4.000 agents, l’Argentier national s’est mué en pédagogue pour rappeler les valeurs cardinales qui doivent guider l’agent des Finances. Une assistance attentive a accompagné le ministre tout au long de son intervention et a marqué, par des applaudissements, son adhésion à cette œuvre de moralisation de l’administration financière, conformément à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Doudou Fwamba a cristallisé sa vision dans cette Charte qui répond d’abord à sa volonté de renforcer le dialogue et la proximité avec les agents et cadres de l’administration des Finances. Elle traduit ensuite son souci, exprimé depuis sa prise de fonction en juin 2024, de placer l’agent au cœur de son action. En présence de députés et sénateurs, de membres du gouvernement et de cadres du Ministère des Finances, le ministre a égrené les différentes dispositions de la Charte, les décortiquant dans un langage familier et accessible pour en faciliter la compréhension.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il a tenu à poser les bases en rappelant l’article 9 du Code de bonne conduite de l’agent public. Un article qui impose à tout agent public de préserver la confiance du public et de s’abstenir de tout acte d’improbité, de corruption, de concussion, d’escroquerie et de mensonge. Les bases posées, il a détaillé les antivaleurs à combattre et les valeurs à promouvoir. Il a pointé du doigt le népotisme, le clientélisme, le tribalisme et les conflits d’intérêts, qui, selon lui, ne favorisent guère l’avènement d’une administration des Finances en phase avec la vision de développement du Chef de l’État. Il a déploré le fait que, dans certains services, les responsabilités et les missions soient attribuées sur la base de l’appartenance familiale ou communautaire, au détriment de la compétence.
La Charte rappelle, à cet égard, les valeurs de référence de l’agent des Finances, à savoir la compétence et l’éthique professionnelle, ainsi que les valeurs spécifiques que sont le respect de la loi, l’égalité des citoyens devant le service public et la neutralité de l’administration. Abordant le Titre 5, relatif à la déclaration du patrimoine et des intérêts, Doudou Fwamba a frappé fort. Il a annoncé la généralisation de cette obligation à l’ensemble des agents publics. Une plateforme informatique développée au sein de la Fonction publique sera déployée à cet effet.
Un délai de mise en conformité sera accordé, à l’issue duquel les sanctions prévues par les textes seront appliquées sans complaisance. Évoquant l’exigence de probité morale et de conscience professionnelle, il a promis des sanctions sévères et exemplaires contre les agents qui y manqueront. Il est d’ailleurs revenu sur la série de mesures conservatoires déjà prises à l’encontre de certains agents et cadres de la Direction générale des impôts pour des manquements à l’exigence de probité dans la collecte de la TVA. Le ministre des Finances a conclu en exhortant les agents à considérer la Charte non comme un simple document administratif, mais comme un référentiel quotidien devant guider l’action publique au service de l’intérêt général.






