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RDC : A Atlanta, Jean Masumbuko dévoile le plan de redressement de la SCTP

Jean Masumbuko, Directeur général a.i de la Société commerciale des transports et des ports -SCTP-, a dévoilé jeudi à Atlanta en Géorgie, devant des responsables du gouvernement de cet état fédéral et une poignée d’investisseurs, le plan de redressement de cette entreprise publique. L’ex-ONATRA compte sur la promesse du gouvernement de payer sa créance de 207 millions de dollars pour régler l’essentiel de son passif social, amorcer l’achat des équipements portuaires, réveiller le segment transport, notamment avec l’amélioration des voies ferrées, l’acquisition des locomotives et des voitures neuves.

La SCTP croit pouvoir opérer sa renaissance. Son Directeur général a.i Jean Masumbuko l’a dit depuis Atlanta aux États-Unis. «Nous avons une volonté claire mais cette volonté ne vient pas que de nous. Le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, a décidé de relever l’entreprise. Le Premier ministre Sama Lukonde a aussi inscrit cette question dans son programme. Les ministres du Portefeuille et des Transports travaillent aussi dans ce sens», s’est réjoui le mandataire public devant un auditoire attentif.

Dans le détail, Jean Masumbuko a l’ambition de relancer les activités de la SCTP à partir du paiement, par le gouvernement de la République, de la dette de 207 millions de dollars. «Ce sera le point de départ. Ça nous permettra de régler l’essentiel du passif social, de nous offrir des équipements portuaires pour faire face à la concurrence et stabiliser les ports maritimes de Boma et Matadi», a-t-il expliqué.

Ces dernières années, un jeune port nanti des outils de production de dernière génération a frappé de plein fouet le rendement de l’opérateur public des transports et des ports. À lui seul, le concurrent privé s’accapare de 80% des recettes contre 20% pour l’ancien OTRACO dont les infrastructures sont délabrées, les équipements vétustes, les finances ébranlées et qui ploie sous les poids de la dette sociale due au manque des fonds pour payer la retraite.

Une fois qu’elle aura stabilisé ses ports maritimes porteurs de croissance, la SCTP projette de revitaliser le segment transport, notamment avec l’amélioration des voies ferrées, l’achat des locomotives et des wagons neufs.

Au même moment, l’entreprise mettra en place la reconversion de sa flotte, de ces vieux navires pour avoir des unités plus petites mais plus performantes et rentables afin de remettre en mouvement le segment fluvial.

La SCTP compte également s’appuyer sur son segment foncier et immobilier pour rebooster ses opérations. «Nous refusons de mourir et nous ne mourons pas. Parce que l’argent appelle l’argent, nous en sentons l’odeur à travers ce forum et vous invitons à nous accompagner dans ce projet de réhabilitation. La reconstruction de la République démocratique du Congo se fera aussi et surtout par la Société commerciale des transports et des ports», a fait savoir Jean Masumbuko, en présence du représentant du gouverneur de l’État de la Géorgie qui a, auparavant, révélé que son Bureau a concocté un programme de partenariat avec Kinshasa.

Créée en 1935, la SCTP, jadis OTRACO puis ONATRA, est une entreprise qui a fait la fierté de l’ex-colonie belge. De 1935 à 1960, la Belgique s’est appuyée sur les investissements de cette entreprise avec des plans importants, qui l’ont vu bénéficier de grands investissements plutôt destinés, à l’instar de l’Union minière du Haut-Katanga et de la Minière de Bakwanga, à la construction de l’actuelle Belgique, la SCTP est dans 17 provinces sur 26. Sa puissance mais aussi son malheur actuel, c’est le transport fluvial aujourd’hui en panne. À Kinshasa, au Kongo Central, dans l’ex-Bandundu, l’ex-Équateur et l’ancienne Province Orientale, elle dispose d’un réseau fluvial et d’un chantier naval présentement à l’arrêt.

Il dispose le long du fleuve Congo des ports fluviaux mais dont les activités sont au ralenti. Son port de Kinshasa fait la jonction entre ses chemins de fer, ses ports fluviaux ainsi que ses ports maritimes de Banana, Boma et Matadi.

Pendant longtemps, la société a évolué dans un domaine de quasi-monopole. Mais elle doit faire face à la libéralisation et à la concurrence qui ne doivent pas lui priver son droit la vie.

AKM

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