
Le Président de la République d’Angola et Président en exercice de l’Union africaine -UA-, João Lourenço, a ouvert, lundi 23 juin, les travaux du 17ème Sommet des affaires USA-Afrique -US-Africa Business Summit-, en présence de six Chefs d’État africains, d’une dizaine de chefs de gouvernement, de hauts représentants, d’une centaine de chefs d’entreprises et d’une importante délégation américaine du département du Commerce extérieur.
L’hôte du sommet a, dans son allocution d’ouverture, présenté les nombreux avantages qu’offrirait un partenariat économique entre les USA et l’Afrique. «Avec ses terres arables, ses minerais stratégiques et critiques, ses terres rares et sa population à majorité jeune, l’Afrique se présente comme un espace privilégié pour un partenariat mutuellement avantageux avec les USA», a déclaré João Lourenço. Et d’ajouter: «nous avons besoin d’un partenariat qui préserve nos souverainetés». Il a souligné le rôle que doivent jouer les USA en Afrique.
«N’ayant jamais été impliqués dans la colonisation des pays africains, les USA doivent avoir une vision différente du partenariat économique avec l’Afrique», a conclu le Président angolais. Pour sa part, le Président de la Commission de l’Union africaine -UA- s’est interrogé sur la faisabilité de ce partenariat au moment où 36 pays africains sont frappés d’interdiction de visa, l’AGOA supprimée, et des taxes imposées aux pays africains. Plusieurs panels ont été organisés autour du thème général: «Les voies de la prospérité: une vision commune du partenariat entre les États-Unis et l’Afrique».
Cap sur le corridor de Lobito
Le projet du corridor de Lobito a fait l’objet d’un panel spécifique. Principal orateur, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a délégué le vice-Premier ministre en charge des Transports, des Voies de communication et du Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, pour présenter le corridor de Lobito. Ce projet est considéré comme le fondement d’un partenariat stratégique et souverain entre l’Angola, la Zambie et la RD-Congo.
Soutenu par des partenaires internationaux majeurs, comme les États-Unis via le Partenariat pour les infrastructures mondiales -PGII-, «ce projet va au-delà d’un simple axe logistique: il devient un levier stratégique pour la stabilité, le désenclavement et le développement partagé, particulièrement crucial dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires persistantes et des tentatives de déstabilisation externes», a expliqué le VPM Bemba.
Et de poursuivre: «le corridor de Lobito est un atout majeur pour la RD-Congo, car il offre au pays un accès direct et vital à l’Océan atlantique via le port de Lobito, en Angola, facilitant l’exportation de ses précieuses ressources. Ce corridor est particulièrement crucial pour les minerais tels que le cuivre et le cobalt, qui représentent respectivement environ 65% et 15% des revenus d’exportation de la RD-Congo», a indiqué le VPM Bemba, au nom du Président Félix-Antoine Tshisekedi.
Interrogé au sujet des raisons qui poussent la RD-Congo à s’engager pleinement dans ce projet, Jean-Pierre Bemba a rassuré que le corridor de Lobito représente une alternative logistique fiable et structurante. «Il permet de réduire considérablement le temps de transit de des minerais RD-congolais vers les ports de l’Atlantique, ce qui améliore directement la compétitivité de notre chaîne de valeur. Grâce à une liaison ferroviaire modernisée, nous assurons un accès plus rapide, plus stable et plus économique aux marchés européens et nord-américains», a-t-il fait savoir.
En marge de ces assises internationales de Luanda, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a eu un entretien en tête-à-tête avec son homologue angolais João Lourenço. Il a également accordé plusieurs audiences au monde des affaires. Quant à la rencontre avec le conseiller Afrique de Donald Trump, Massad Boulos, l’audience a été reportée en raison de l’arrivée tardive de ce dernier en Angola.


