
Le Bloc katangais a pris la parole lundi à la faveur d’une conférence de presse à Bruxelles. Au nom du Katanga, cette structure de la Société civile a dénoncé une répression systématique dans le sud-est de la République Démocratique du Congo depuis 2019 et expliqué pourquoi il a saisi la Cour pénale internationale et de la justice belge.
La déclaration, signée par Nicole Mwelwa Kimpenge, représentante du BK Europe/Italie, et par le professeur Jean-Paul Mbuya Mutombo, président du Bloc, dresse un réquisitoire long de six ans.
«Huit massacres» présumés entre 2020 et 2026
Le Bloc répertorie une série de violences qu’il qualifie de «préméditées et planifiées au sommet de l’État». Entre mars 2020 et janvier 2026, il dénombre au moins huit présumés épisodes meurtriers au Katanga: Lubumbashi, Likasi, Fungurume, Mitwaba, Kasumbalesa, Pweto, Kolwezi, Kilwa, Bukama.
Parmi les faits cités: 108 jeunes tués le 28 mars 2020, 22 étudiants à Rwashi le 27 avril 2021, 67 jeunes à Kilobelobe, Kapemba et Rwashi le 23 mars 2023, 22 creuseurs artisanaux à Kolwezi le 15 mars 2024, 17 civils à Kilwa le 26 août 2024, ou encore 13 jeunes à Bukama le 11 janvier 2026.
Le Bloc dit s’appuyer sur des rapports d’organisations de défense des droits humains, nationales et internationales. Il évoque aussi des arrestations arbitraires, des détentions au secret, des disparitions forcées et l’exil de nombreux cadres civils, politiques, militaires et religieux katangais.
De la répression à la «dépossession économique»
Au-delà du bilan sécuritaire, le texte insiste sur l’économie. Le Katanga, poumon minier de la RDC, serait victime d’un «pillage, d’un bradage minier et d’une captation opaque des richesses» par des réseaux proches du pouvoir. La Gécamines, fleuron historique, est décrite comme progressivement vidée de sa substance.
Le Bloc dénonce par ailleurs un «climat de tribalisme et de marginalisation» visant les populations swahiliphones, avec des discours de rejet et des pratiques administratives discriminatoires. Pour ses auteurs, il ne s’agit plus seulement de mauvaise gouvernance mais d’une «rupture du pacte économique national».
«Celui qui a aidé à porter le pouvoir en paie désormais le prix le plus lourd», affirme la déclaration. Le Katanga revendique un sentiment de «trahison historique» après son rôle décisif dans l’alternance de janvier 2019.
Saisine judiciaire et avertissement politique
La saisine de la CPI et de la justice belge est présentée comme «un acte de mémoire, de vérité et de résistance civique». L’objectif: faire tomber l’impunité et forcer l’établissement des responsabilités.
Le Bloc katangais met aussi en garde contre toute révision constitutionnelle. Il «rejette toute velléité de changement constitutionnel destinée à consolider un pouvoir déjà contesté». Et il va plus loin: si le président Félix Tshisekedi «s’entête à remettre en cause» la Constitution, «le Katanga en tirera toutes les conséquences historiques et politiques, y compris par l’exercice de son droit à l’autodétermination».
À Kinshasa, aucune réaction officielle n’était encore disponible. Le gouvernement a jusqu’ici toujours nié l’existence d’une politique de répression ciblée et renvoyé la responsabilité des violences à des «incidents isolés» ou à des «bandes armées».
Le Bloc Katangais est une organisation de la société civile, qui regroupe tous les Katangais éparpillés sur les 5 continents, légalement constituée et dûment enregistrée au Canada sous le numéro 12698331, depuis le 31 janvier 2021. Au Canada, aucune organisation n’est enregistrée sans statuts conformes, sans siège social identifié, sans une structure de gouvernance clairement établie, sans vérification de sa crédibilité et sans le strict respect des exigences de la législation canadienne.
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