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Portraits des dirigeants rayés de la carte du monde après les sanctions financières américaines

La méthodologie est connue. D’abord, il y a le communiqué. Froid, technique, publié sur le site du Trésor américain. Ensuite, il y a le silence. Les comptes gelés. Les visas annulés. Les alliés qui s’éloignent. Enfin, il y a la chute. Car pour certains dirigeants, les sanctions de l’OFAC ne sont pas une punition. Elles sont un préavis.

Pour commencer, le cas matriciel: Saddam Hussein

En août 1990, Saddam envahit le Koweït. En retour, Washington pousse la résolution 661 à l’ONU. Embargo total. Pendant 13 ans, l’Irak est asphyxié. Certes, Saddam tient. Pourtant, il règne sur un pays ruiné, diabolisé, coupé du monde. Par conséquent, lorsque les Marines débarquent en mars 2003, le régime est déjà un paria. Le 13 décembre, il est extrait d’un trou. Le 30 décembre 2006, il est pendu. Autrement dit, les sanctions ont préparé le terrain. La guerre a signé l’épilogue. Dans la foulée, d’autres ont suivi le même chemin.  

À l’image de Manuel Noriega et de Kadhafi 

Après les sanctions économiques de 1987-1989, Manuel Noriega, alors homme fort du Panama, est renversé par l’invasion américaine de décembre 1989. Capturé, extradé, condamné à 40 ans. De la même manière, Mouammar Kadhafi subit un gel de ses avoirs en février 2011, sous l’administration Obama. Deux mois plus tard, l’OTAN intervient. En octobre, il est lynché par des rebelles. En bref, pour eux, l’OFAC a été l’antichambre du tombeau.

Plus récemment, la méthode s’est affinée. Ainsi, Nicolás Maduro est sanctionné dès 2017. Pendant neuf ans, il résiste, négocie, contourne. Néanmoins, le 3 janvier 2026, la Delta Force frappe Caracas. Il est exfiltré vers New York. Dès lors, le message est clair: l’ère des embargos interminables est révolue. Désormais, Washington peut passer de la sanction financière à l’action directe en une nuit. Par ailleurs, tous ne meurent pas. Certains disparaissent autrement. C’est le cas de Viktor Ianoukovitch. Il fuit Kiev le 22 février 2014. Trois semaines plus tard, l’OFAC le sanctionne. De ce fait, son exil en Russie devient définitif. Condamné par contumace, il ne reverra jamais l’Ukraine. De même, Jean-Claude Duvalier est lâché par Reagan en 1986. Il s’envole pour la France et meurt en exil en 2014. En d’autres termes, les sanctions transforment la fuite en bannissement à vie.

Mort politique et survie physique

Enfin, il y a ceux dont la carrière meurt sans que le corps tombe. Oleksandr Dubinsky est du nombre. Député ukrainien, il est blacklisté par l’OFAC en janvier 2021 pour ingérence pro-russe. Aussitôt, son propre parti l’expulse.

En somme, un élu sanctionné par Washington devient toxique. De surcroît, Luis Parra subit le même sort en 2020 au Venezuela. Après la menace de sanctions US, son coup de force au Parlement s’effondre. Il devient un député fantôme. Quant à Tibisay Lucena, patronne des élections vénézuéliennes, elle est sanctionnée en 2017. Par la suite, elle quitte la vie publique et meurt en 2023 sans avoir pu voyager.

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