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Agression rwandaise: le Groupe des ambassadeurs francophones en RD-Congo monte au créneau

Comme chaque année, jeudi 20 mars dernier a eu lieu la célébration de la Journée internationale de la Francophonie à travers le monde. En RD-Congo, le Groupe des ambassadeurs francophones basés à Kinshasa a saisi cette opportunité afin de donner de la voix par rapport au sujet brûlant de l’heure, à savoir: l’agression dont est victime la RD-Congo de la part du Rwanda, notamment dans sa partie Est. Réunis le jeudi 20 mars, dans la journée, ce groupe, en tant que représentant des pays aux cultures variées, a passé au peigne fin la situation d’insécurité qui bat son plein dans deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

«Nous sommes unis, tant pour notre attachement à la langue française, que par le lien particulier que nous entraînons avec la République démocratique du Congo, pays francophone le plus peuplé au monde et aux potentialités culturelles, géostratégiques et économiques immenses», ont-ils noté dans leur communiqué final, avant de constater que le pays fait actuellement face à une violation de sa souveraineté par le Rwanda.

A cet effet, ils ont réaffirmé leur attachement à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de tout pays francophone et de la RD-Congo en particulier, soulignant également la plus grande importance qu’ils accordent au respect de ce principe. «S’agissant de la situation d’insécurité qui prévaut dans cette partie de la RD-Congo, nous exprimons notre vive préoccupation face à la rapide dégradation sécuritaire observée depuis le début de l’année dans l’Est du pays, en raison de l’offensive menée par le Mouvement du 23 mars, avec le soutien de la force de défense rwandaise. Cette offensive a conduit à la prise de contrôle principalement des villes de Goma et Bukavu, chefs-lieux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le 28 janvier et 14 février 2025», ont-ils indiqué.

Cette situation dramatique ne manque pas de conséquences humanitaires sur la population locale. «Pour ce faire, nous nous inquiétons des conséquences humanitaires dévastatrices de cette offensive et des violations des droits humains commises à l’égard des populations, en particulier les cas de violence sexuelle à l’égard des femmes et le recrutement forcé des enfants soldats», ont-ils noté.

Et de poursuivre: «nous appelons à la cessation immédiate des hostilités, au retrait du M23, de toutes les zones qu’il occupe illégalement et au démantèlement des administrations parallèles illégitimes qu’il a mises en place. Nous demandons également aux forces de défense de tous pays tiers non invités de cesser tout soutien aux groupes armés rebelles précités et de se retirer immédiatement et sans condition du territoire RD-congolais. Nous demandons la fin des attaques contre les civils, les personnels humanitaires et les personnels des Nations unies».

A propos du front diplomatique mené à travers les processus y compris les différentes feuilles de route, le Groupe des ambassadeurs francophones basés à Kinshasa soutient les efforts diplomatiques déployés par la SADC, l’EAC, l’Angola et réaffirme le rôle essentiel des processus de Luanda et de Nairobi. «Nous appelons à la mise en place urgente d’un cessez-le-feu préalable à des pourparlers sincères entre la République démocratique du Congo et le Rwanda pour son soutien au M23. Nous encourageons, dans ce sens, les deux pays à reprendre le dialogue afin de parvenir à un règlement durable et pacifique d’un conflit qui n’a qu’en trop endeuillé la population RD-congolaise et qui porte en elle de sérieux risques de déstabilisation de toute la région des Grands lacs», ont invité ces ambassadeurs francophones.

Ils encouragent également la résolution des questions plus profondes à l’instar de l’exploitation et l’exportation illégale des ressources naturelles notamment vers les pays voisins au travers des instruments de traçabilité au niveau régional. Et, pour finir, ils ont réitéré leur soutien à la population RD-congolaise, première victime d’un conflit qui n’a que trop duré. 30 ans, c’est trop!

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