
Nouvelle étape dans les consultations autour du dialogue national annoncé. La délégation du Conseil interreligieux congolais -CIC-, conduite par l’Archevêque Dodo Kamba, a été reçue vendredi 27 février par Jean-Claude Baende, rapporteur adjoint du Sénat. Les échanges ont porté sur l’initiative de création d’une commission «Vérité, Réconciliation et Cohésion nationale», destinée à préparer le terrain du dialogue national attendu. Devant la presse, l’Archevêque Dodo Kamba a expliqué que, dans l’attente du lancement du dialogue, le CIC propose ce mécanisme afin de «baliser le chemin et préparer les gens à y prendre part de la meilleure manière».
Une approche axée sur la décrispation
Selon lui, cette commission «permettra à tous ceux qui sont de bonne foi d’apporter la paix dans le pays, dans les meilleures conditions, en facilitant la tâche de l’autorité». Il a ajouté que l’objectif est d’«éradiquer les frustrations» et de «parvenir à la décrispation», une démarche qu’il considère comme «une bonne façon d’isoler les mauvaises pensées». Rappelant qu’une commission similaire avait été mise en place en 2003 sans résultats probants, il a assuré que, cette fois, elle est pensée «en amont et en aval» pour «atteindre l’harmonie et la réconciliation entre les différents acteurs, tant politiques que de la Société civile». À l’issue des consultations, le CIC prévoit de «dresser un rapport à mi-parcours» qui sera soumis à l’autorité compétente. «Je salue totalement la démarche et j’y adhère également», a déclaré le rapporteur adjoint du Sénat. Jean-Claude Baende s’est dit «honoré» par la visite de la délégation du CIC et a affirmé être «déterminé à accompagner cette initiative jusqu’à son aboutissement». Il a remis à l’Archevêque un document présenté comme une feuille de route: «C’est en fait une réflexion que nous avons transmise à l’autorité ecclésiastique pour qu’elle puisse aussi y jeter un coup d’œil dans la recherche de solutions aux problèmes du pays», a-t-il expliqué. Constatant que «les RD-Congolais aujourd’hui sont fatigués», il a appelé à «un mécanisme où chacun doit reconnaître le mal qu’il a fait au pays, afin que demain nous puissions bâtir les fondements d’une paix durable».

