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Me Didier Kondo: «Tshisekedi tient à aller aux élections»

Le porte-parole général des 4 Interfédérale de l’UDPS/Tshisekedi, Didier Kondo Pania, est satisfait de l’entérinement de 12 de 15 membres du bureau de la Commission électorale nationale indépendante -CENI. Dans un entretien accordé à «AfricaNews», il est  d’avis que Chef de l’Etat prendra une ordonnance les investissant. Il condamne les actes de haine tribale et appelle la classe politique à se préparer aux prochaines élections. Entretien.

Comment avez-vous accueilli l’entérinement de 12 de 15 membres du bureau de la CENI par l’Assemblée nationale sur fond de contestation? 

Personnellement, je ne pouvais m’attendre qu’à cet entraînement de la part de nos députés nationaux. J’ai toujours dit que ce que les pasteurs de la CENCO et de ECC faisaient, sortait du cadre de respect du principe de légalité. On devait tenir compte du principe de la majorité qui régit toute démocratie sérieuse pour développer le pays. Puisque nous sommes en démocratie, la charte qui régit les huit Confessions religieuses, en son article 17 dit clairement qu’il doit y avoir un consensus sur la désignation du candidat et si ce consensus n’est pas trouvé, on passe au vote. Il s’est avéré que le consensus autour de deux candidats restés en course à la présidence de la CENI a échoué. C’est ainsi qu’il fallait passer au vote. Et les 6 Confessions religieuses ont porté leur choix sur Denis Kadima pendant que les deux autres, l’ECC et la CENCO ont boycotté ce vote. Il est aberrant de constater que ces dernières puissent chercher un alibi, sollicitant l’arbitrage du Chef de l’Etat dans ce choix, ce qui n’est pas prévu dans leur charte. Donc, c’est avec la grande satisfaction que j’ai appris l’entérinement de membres du Bureau de la CENI par l’Assemblée nationale.

L’ECC et la CENCO et tant d’autres acteurs politiques de l’Opposition dénoncent in forcing orchestré par le bureau Mboso dans l’entérinement de Denis Kadima. Qu’en dites-vous?

Savez-vous que toute personne qui échoue à un concours n’admet jamais son échec? Il dira toujours qu’il a été recalé. C’est le cas pour la CENCO et l’ECC dans le choix porté sur Denis Kadima par leurs collègues de 6 autres Confessions religieuses. Leur échec s’est manifesté visiblement lorsque la Cour constitutionnelle régulièrement saisie a tranché, ordonnant à l’Assemblée nationale d’entériner les membres du bureau de la CENI puisqu’on doit aller aux élections. La représentation nationale qui avait déjà le PV de désignation de Denis Kadima dressé par les six et celui d’échec du consensus élaboré par l’ECC et la CENCO a planché sur le rapport de la Commission paritaire qu’elle avait mise en place pour étudier cette question et a agi sur base dudit rapport. A mon avis, l’ECC et la CENCO poursuivaient autre chose que la désignation du président de la CENI.

Quelle est cette chose selon vous?

Nous avons constaté qu’aussitôt la Cour constitutionnelle se soit prononcée, Mgr Utembi de la CENCO et Mgr Bokundoa de l’ECC ont demandé aux 8 Confessions religieuses de revenir à la table de négociations, oubliant qu’elles avaient déjà déposé séparément deux PV à la Chambre basse du Parlement. Denis Kadima n’est-il pas Congolais comme les autres? Ils veulent retarder le processus électoral et pousser le régime en place à la faute. Il n’en sera pas question.

Il est reproché à Denis Kadima d’être de la même tribu que le Chef de l’État et craignant qu’il ne puisse le favoriser à la prochaine présidentielle. Leur crainte ne serait-elle pas fondée?

Honte à l’ECC et à la CENCO. Elles pouvaient nous donner cet argument dès le début du processus électoral. Daniel Ngoy Mulunda et Joseph Kabila étaient là, tous deux Balubakat, cette discrimination tribale n’était pas évoquée. Le faire aujourd’hui, je dis tout simplement qu’il s’agit d’une haine contre les Baluba qui ne dit pas son nom. Haïr les gens jusqu’à ce niveau frise la xénophobie.

Le camp de la contestation demande au Chef de l’Etat de ne pas installer Denis Kadima par ordonnance présidentielle s’il veut être crédible, à l’instar de Ronsard Malonda. Vous sentez-vous secoués à l’UDPS?

Le Président de la République est un démocrate. Il n’avait pas investi Malonda pour deux raisons. D’abord, Malonda se disait candidat de l’Eglise kimbanguiste, mais cette dernière ne le reconnaissait pas en tant que tel. Puis, lorsque l’Assemblée nationale l’a entériné, il n’avait pas une nouvelle loi sur la CENI. Et les populations avaient protesté. Mais l’entérinement de Denis Kadima est basé sur la nouvelle loi de la CENI. Cela dit, on ne voit pas par quelle miracle le Chef de l’Etat ne pourrait pas l’investir. De notre part, nous savons que le Président de la République va l’investir par ordonnance.

Pourquoi tenez-vous à ce Denis Kadima qui a été désigné au cours d’un processus entaché d’irrégularités et de corruption, dénoncées par l’ECC et la CENCO, soit investi par le Chef de l’Etat?

C’est bien de dire que la désignation de Denis Kadima a été émaillé d’irrégularités et de corruption. Mais s’il y a un principe en droit qui dit: «Celui qui allègue le fait doit le prouver. Il a été demandé à l’ECC et la CENCO d’apporter les preuves de leurs allégations, jusqu’à présent aucune preuve n’a été brandie.

Dans ce climat de méfiance et désaccord entre les parties prenantes au processus électoral, ne craignez-vous pas la contestation en 2023?

Je le disais tantôt au début. Les gens ont un autre objectif. Dans ce pays, les gens étaient habitués au dialogue pour le partage du gâteau, chacun de participants étant gratifié d’un poste au sein des institutions et entreprises et services publics. Mais pour le moment, le président Tshisekedi tient à aller aux élections. Rien ne l’empêchera, sauf en cas de force majeur.

Quel message adressez-vous à la classe politique en ce moment de tensions suscitée par le processus électoral?

Il y aura des élections en 2023. Nous demandons aux uns et aux autres de s’y préparer.

Propos recueillis par Octave MUKENDI

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