Kinshasa: Honoré Mbokoso et les wewas à couteau tiré

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Le torchon brûle entre le ministre provincial des Transports, Honoré Mbokoso et les conducteurs des motocyclistes, baptisés «wewas» à Kinshasa. A l’origine, la mesure du gouvernement provincial portant identification des wewas dès le lundi 10 février 2020. Cette mesure a été rendue publique par le ministre provincial des Transports, Honoré Mbokoso, intervenant, mercredi 5 février 2020,à l’émission «Le Débat» sur les ondes de la radio «Top Congo». «Dès ce lundi, on commence par ceux des districts de Tshangu et Mont-Amba», a annoncé le ministre Mbokoso, précisant que l’identification se fera «parnom, parking et numéro de châssis». Selon le ministre provincial des Transports, chaque wewa devra débourser USD 20 pour se faire identifier. Le document d’identification, a-t-il ajouté, va leur permettre de circuler librement dans le district de leur ressort. «Les Wewas de chaque district auront leurs chasubles et casques. Les Wewa inscrits dans un district ne seront pas autorisés de rouler dans un autre district», a souligné Honoré Mbokoso. Puis: «Pour les Wewa qui veulent rouler sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa, je crois que, c’est USD 500. Le document aura une validité de 6 mois».Estimant à 350.000 le nombre de Wewas opérant dans la capitale RD-congolaise, le ministre provincial des Transports a fait savoir qu’il est prévu une formation sur le code de la route à l’attention de tous lesmotocyclistes. «Le nombre exact sera connu après recensement et identification. On va aussi former -ces Wewas- au respect du code de la route afin qu’ils soient très bien appliqués», a-t-il dit.

Réponse du berger à la bergère

La sortie médiatique du ministre kinois des Transport a suscité une vive colère dans le chef des Wewasqui ont aussitôt boycotté la décision de l’autorité urbaine. Par le biais du président de la Synergie des motocyclistes de la RD-Congo, Youssouf Mukenge, les motocyclistes ont «contesté et rejeté en bloc la décision du ministre provincial des Transports». Sur un ton dur et ferme, le représentant des motocyclistes a assuré que la démarche de l’Hôtel de ville est «une forme de rançonnement ou de récolte des fonds auprès des motards pour des raisons pas claires».A l’en croire, le vrai problème ne se rapporte pas seulement à l’identification mais aussi et surtout du coût de l’opération et à la durée non déterminée. «Comment serait-ce possible pour un motard de se faire identifier à un coût d’USD 20 pour 6 mois soit 40 dollars par an par district et USD 1.000 par an pour toute la ville alors que celui-ci verse CDF 10.000 par jour et certaines motos d’occasion coûtent même CDF 50.000», s’est-il interrogé, non sans proposer une piste de solution moins coûteuse et plus rapide, de son avis. «J’avais proposé une identification numérique à CDF 2.500 par motard avec des avantages de sécurité pouvant permettre au gouvernement provincial d’avoir pas moins de CDF 175 million par jour», a-t-il révélé, affirmant «qu’il y a cette claire possibilité d’identifier tous les motards de la ville dans un délai de 45 jours». Le président de la Synergie des motocyclistes de la RD-Congo a fustigé l’absence du chronogramme de l’opération. «La soi-disant identification proposée par le ministre provincial des Transports, sans durée précise», a-t-il déclaré, avant d’en appeler à la sollicitude du gouverneur de la ville-province de Kinshasa, GentinyNgobilaMbaka. Les Wewas, via leur représentant, ont prié «le gouverneur de la ville de Kinshasa de revoir cette décision».

Laurent OMBA